Ɵ Chasse-mouche Tahiri-ra'a des Îles Australes...

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Ɵ Chasse-mouche Tahiri-ra'a des Îles Australes...

Ɵ Chasse-mouche Tahiri-ra'a des Îles Australes avec un personnage janus, Polynésie
Époque présumée: XVIIIe siècle

Bois dur à patine brun-rouge très profonde
H. 17,1 cm

Tahiri-ra'a Fly-Whisk from the Austal Islands with a janus figure, Polynesia
H. 6.6 in

Provenance:
- Collection Hélène et Henri Kamer, 1965
- Sotheby's Londres, 16 juin 1980, lot 141
- Collection Jef Vander Straete, Lasne, Belgique
- Galerie Wayne Heathcote
- Collection privée

Exposition:
- The Metropolitan Museum of Art, New York, août 2007-août 2017
- Musée Dapper, Vision d'Océanie, Paris, octobre 1992-mars 1993
- The Art Institute of Chicago, The Sculpture of Polynesia, Chicago, 1967
- Musée de l'homme, La découverte de la Polynésie, Paris, 1972

Bibliographie:
- Vincent Bounoure, Vision d'Océanie, Musée Dapper, Editions Dapper, Paris, 1992, p. 57
- La découverte de la Polynésie. Paris, 1972, n°16.
- Wardwell, Allen, The Sculpture of Polynesia, The Art Institute of Chicago, Chicago, 1967, p. 28, fig. 24.

Les trois types de chasse-mouche et leurs origines selon Roger Rose (1979, p. 202/213)
Autrefois, on pensait que ces objets attribués sur de vieilles étiquettes à ‘The Society Islands' venaient de l'île principale de Tahiti, en oubliant que les Iles Australes pouvaient être incluses dans ce groupe. Il a fallu attendre le premier voyage de Cook (1768-1771), sur le navire HBM Endeavour, qui a rapporté deux chasse-mouche de Rurutu et Tubuaï pour que la provenance des Iles Australes soit avérée.
Pour compliquer la tâche des premiers scientifiques, il faut ajouter que les sculpteurs des Iles Australes ont travaillé à Tahiti et que cette dernière a pu aussi échanger des chasse-mouche contre d'autres objets. Sur le type A, les personnages sont un peu plus volumineux et la sculpture est géométrique. Ce type d'objet est moins ancien que les types B et C.
La fonction des ‘chasse-mouche'
Selon le récit du Capitaine James Wilson sur le navire Duff (1.799, p. 357/358) et les habitants de Polynésie centrale: ‘ne tolèrent pas qu'une mouche puisse entrer en contact avec leur nourriture quand cela aurait pu être évité. S'ils en trouvent une morte dans leur repas, ou dans leurs provisions, ce qui arrive assurément de temps à autre, la nourriture est jetée aux porcs. C'est pourquoi tous transportent des tapettes à mouches... Quand le repas est servi et chaud, ils continuent d'agiter leurs tapettes afin d'éloigner les mouches, car pour eux, rien n'est plus repoussant et déplaisant qu'une mouche qui risquerait d'entrer dans leur bouche. Leur dégoût envers elles est tel que si une mouche morte venait à toucher leur peau, ils se rendraient immédiatement à la rivière pour se laver.' Aujourd'hui une majorité de scientifiques comme Roger Rose, David Shaw King ou Steven Hooper ont un point de vue très différent sur l'utilisation de ces objets. Laissons parler Steven Hooper dans Polynésie, Arts et Divinités 1760-1860, Musée du Quai Branly, Paris, 2008, p. 207, n°173 à propos du chasse-mouche d'Oxford PRM 1906.20.6, qui a la particularité d'être complet avec ses morceaux attachés de coquilles d'huitres perlières. ‘Ce qui laisse supposer que ces objets servaient de grelots qu'on agitait pendant les célébrations religieuses (Hooper, 2001) et n'étaient pas utilisés pour chasser les mouches. En 1769, Tupaia de Ra'iatea dessina deux jeunes femmes dansant avec un chasse-mouche dans chaque main (Joppien et Smith, 1985, p. 150).
La description de cette sculpture
Le sommet de ce rare et très ancien (XVIIIe siècle) chasse-mouche pré-contact des Iles Australes est constitué de deux petits personnages jumeaux attachés par la tête, les épaules et le bassin. Le corps est percé d'un trou qui permettait d'accrocher les coquilles d'huitres perlières. Les visages offrent un menton pointu, particulièrement caractéristique de profil, une bouche juste signifiée, des yeux aux arcades profondes et un nez court. Le front bombé comporte deux petites excroissances très usées. Les bras formant un angle droit, permettent aux mains de se rejoindre sur l'abdomen. Les pieds débordent un peu sur une base marquée par des encoches supportant une colonne circulaire de 20 anneaux dominant une double frise de têtes, autant de caractéristiques du type B. La base de celui-ci se termine par un double disque orné de deux lignes de 12 têtes stylisées de cochon. Les chasse-mouche de type B et C sont les plus anciens des trois types étudiés, la patine profonde brun-noir et laquée contribue à classer cet exemple au niveau des plus beaux objets du corpus. Son appartenance à de très grandes collections renforce l'idée qu'il s'agit bien d'un chef-d'œuvre de l'art de Polynésie
Centrale.

(1) Hooper and Burland The Art of Primitive Peoples, 1953, planche 14B
(2) Terence Barrow, Art of Tahiti, Blacker Calmann Cooper Ltd., Londres 1979 Tahiti
(3) Type C.


Tahiri-ra'a Fly-Whisk from the Austal Islands with a janus figure, Polynesia
H. 6.6 in

Provenance:
- Hélène and Henri Kamer's collection, 1965
- Sotheby's London, 16 june 1980, lot 141
- Jef Vander Straete's collection, Lasne, Belgium
- Wayne Heathcote Gallery
- Private collection

Exposition:
- The Metropolitan Museum of Art, New York, august 2007-august 2017
- Musée Dapper, Vision d'Océanie, Paris, october 1992-march 1993
- The Art Institute of Chicago, The Sculpture of Polynesia, Chicago, 1967
- Musée de l'homme, La découverte de la Polynésie, Paris, 1972

Three kinds of fly chasers and their origin, according to Roger Rose (1979, p. 202/213).
It was once thought that these objects, attributed by old beliefs to ‘The Society Islands', came from the main island of Tahiti, neglecting the fact that the Austral Islands could be included in this group. It was only after the first voyage of Captain Cook (1768-1771) on the HMS Endeavour, who came back to Europe with two fly chasers from Rurutu and Tubuai, that their origin from the Austral Islands was confirmed. Confusion was created among the researchers by the fact that the sculptors from the Austral Islands worked in Tahiti and that their fly chasers may have been exchanged for other objects. The fly chaser shown here is one of the 7 listed by R. Rose as belonging to type C.
The purpose of 'fly chasers'
According to the Captain James Wilson on the ship the Duff (1.799, p. 357/358), the inhabitants of Central Polynesia: ‘never suffer a fly to touch their food when they could have avoided it; and should they find one dead in their puddings, or any of their provisions, which sometimes cannot be avoided, they throw it to the dogs. Hence they all carry fly-flaps... When the provisions are dressed and hot before you, the boys continue to fan away the flies with fly-flaps, nothing being more offensive or disagreeable than that a fly should get into their mouths; and their aversion to touch them with the hands is such, that should a dead fly be found on any part of their body, they would go instantly to the river and wash themselves.' Today most researchers, such as Roger Rose, David Shaw King or Steven Hooper have a widely different opinion about how these objects were used. For Steven Hooper (in Polynésie, Arts et Divinités 1760-1860, Musée du Quai Branly, Paris, 2008, p. 207, n°173 referring to the Oxford fly chaser PRM 1906.20.6, which is intact and has pearl oyster shells tied to it) ‘This may indicate that the shells were used like bells to be shaken during religious celebrations (Hooper, 2001), and the objects were not used to chase away flies. In 1769, Tupaia de Ra'iatea drew two young women dancing with a fly chaser in each hand (Joppien and Smith, 1985, p. 150).
Description of the sculpture:
The top of this rare and very old (18th century) fly chaser from the Austral Islands features two small twin characters joined at the head, shoulders and hips. The body is pierced with a hole through which a string of oyster shells was tied. The faces have a pointed chin, which is particularly striking in profile, the merest sketch of a mouth, eyes with deep brow bones and a short nose. The bulging forehead has two small, worn down protuberances. The arms form a right angle, so that the hands are joined over the belly.
The feet go a little over the edges of a base marked by notches supporting a circular column of 20 rings overlooking a double frieze of head. These features are typical of the B type.
The base of the handle ends with two discs decorated with 15 stylised pigs heads.
These fly chaser (type B and C) are the oldest of the three types studied. The deep brow black and lacquered patina is one of the reasons why it is considered one of the most beautiful objects of its kind. The fact that it was held in majors collections strengthen the idea that this is a masterpiece of Central Polynesian art.
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