Hochet Haïda, Colombie Britannique Bois mi-dur...

Lot 49
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25 000 - 35 000 EUR

Hochet Haïda, Colombie Britannique Bois mi-dur...

Hochet Haïda, Colombie Britannique
Bois mi-dur à patine brune, pigments, nacre, fibres végétales L. 32,5 cm
Haïda rattle, British Colombia W. 12.8 in Hochet Haïda à prise gainée de fibres, à l'opposé de laquelle est figuré un oiseau, bec épointé et yeux ornés de nacre. Sur son dos aux ailes déployées, repose un personnage dont la langue surdimensionnée rejoint celle d'un second oiseau mythologique. Cette figure chamanique est en pleine acquisition du savoir animal que la nature lui transmet ici, de manière allégorique. Au revers, parcourant l'ensemble du ventre de l'oiseau, sans doute un corbeau, un motif traditionnel et protecteur représentant Konankada, chef des mondes sous-marins.
Manipulé par paire lors des cérémonies par les chefs, ce type de hochet soutenait, par ses variations rythmiques, la dramaturgie des interventions orales publiques.
Bel exemplaire du type.
André Breton (1896-1966)
Il est trop connu pour que l'on puisse réellement le présenter en quelques lignes, l'histoire de sa collection se confondant avec celle du Surréalisme. Ses ambitions, ses exigences étaient à la hauteur de ce personnage hors du commun qui déclare à Mexico dès 1938 à propos de son désir de modifier le regard d'une époque: changer la vision, conquête non négligeable «n'est qu'un des moyens mis en oeuvre par le Surréalisme pour satisfaire à une ambition beaucoup plus vaste, puisqu'elle n'est rien moins que changer la vie».
André Breton a toute sa vie tout collectionné, du modeste champignon à la toile de Chirico ‘Le Cerveau de l'Enfant'. Mais il avait un goût affirmé - lié au Surréalisme - pour l'Océanie et les Indiens d'Amérique qui constituaient la part majeure de sa collection non européenne.
Si le Mur de l'Atelier, où il vécut de 1922 à 1966, reconstitué au Centre Pompidou montre la variété de sa collection, elle ne traduit pas l'entassement, le ‘fouillis' - semblable aux réserves d'un musée d'ethnographie du XIXe siècle - du 42 rue Fontaine où l'on ne se déplaçait que par un étroit cheminement. Il y fut souvent photographié en parfaite symbiose avec ses trésors qui constituaient - avec le Surréalisme - toute son oeuvre.
Il vécut sa vie durant cette double passion. Il n'avait pas pu acheter - faute de moyens financiers - le Uli de Nouvelle Irlande à la vente Tual de 1930, mais il le garda si fort dans sa mémoire qu'il ne manqua pas l'occasion de le racheter en 1964 (deux ans avant sa mort) lorsqu'il dût vendre son oeuvre majeure de Chirico. Son faire-part de décès le 28 septembre 1966 ainsi libellé: «André Breton 1896-1966. Je cherche l'or du temps» peut nous laisser penser que sa mort n'arrêta pas sa quête d'absolu.

Robert Lebel (1901-1986)
Né avec le siècle, il fut poète, essayiste, romancier, expert en tableaux anciens, auteur de «Sur Marcel Duchamp?» en 1959 - 1ere biographie sur Duchamp - qui fut un de ses meilleurs ouvrages. Enfin et surtout il participe aux activités et publications des Surréalistes. André Breton appréciait beaucoup Lebel dont il préfaça notamment le livre ‘Chantage à la Beauté', et qu'il accueillait volontiers au 42 rue Fontaine, comme on peut le voir sur cette photo de 1958.
Comme Breton, Lebel était un collectionneur passionné dans des domaines très variés mais il était réellement amoureux des arts amérindiens.
Robert Lebel a su bousculer les frontières entre les civilisations et les arts. Joyce Mansour, poétesse franco-égyptienne, très proche du mouvement Surréaliste, écrivait de lui: «Il est hors de doute que l'honorable expert, le connaisseur et l'érudit, le collectionneur de masques eskimos, le critique très ouvert et l'amoureux de Gustave Moreau qu'est Robert Lebel, porte en lui, toujours prêt à «faire le mur?», un émérite briseur de vitrines (ces puériles idées reçues enrobées de mièvreries bourgeoises), ...»
La cave aux trésors de Julius Carlebach, au 643 Third avenue à New York dont les familiers étaient au début des années 1940, entre autres, Max Ernst et Claude Lévi-Strauss fut une de ses sources principales d'approvisionnement, les objets venant pour la plupart de la Heye Fondation. Plus que tout autre, Robert Lebel, par-delà la vision qu'il en avait, connaissait l'esprit et l'âme que véhiculaient ces objets. Il savait qu'il n'en était que le dépositaire temporaire et qu'il lui faudrait le jour venu les transmettre.
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