Ɵ ‘Dieu-Bâton', atuarakau, Rarotonga, Iles...

Lot 30
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350 000 - 450 000 EUR

Ɵ ‘Dieu-Bâton', atuarakau, Rarotonga, Iles...

Ɵ ‘Dieu-Bâton', atuarakau, Rarotonga, Iles Cook
Epoque présumée: XVIIIe siècle Bois de fer (casaurina equisetifolia)
H. 9,5 cm - L. 88,9 cm - l. 5,1 cm
staff-god, Atuarakau, Rarotonga, Cook Islands
H. 3.54 in - L. 34.64 in - W. 1.97 in
Provenance:
- Collecté par Monsieur Thomas, lors de son séjour en Australie dans les années1860
- Transmis à son petit neveu
- Sotheby's, New York, 24 novembre 1992, lot 35
- Collection privée, acquis lors de cette vente
Le manche de ce superbe ‘Dieu-Bâton' Rarotonga est sculpté de quatre groupes de figures miniatures, soit neuf personnages, et se termine par un phallus. De gauche à droite, la première figure, vue de profil est très bien sculptée avec une tête au volume important, des yeux en amande, des oreilles étirées et des membres réduits; elle tourne le dos à une seconde figure dont la tête est dans l'axe du bâton mais le corps présenté de face. Le deuxième groupe, comme le troisième, comprend trois personnages, deux de profil encadrant une figure de face aux oreilles exagérées. Le dernier personnage, isolé et juste avant la coupure du bâton, est proche du premier avec toutefois un volume et un raffinement moindres.
La patine de ce bois très dur, au grain fin, profonde et douce avec des nuances allant du brun clair au brun foncé, signe d'ancien usage, était obtenue par de longs ponçages au coquillage et à l'outil de pierre.
Si le Capitaine Cook croisa dans cet archipel lors de ses deuxième (1772/75) et troisième (1776/80) voyages, il manqua la plus grande de ces îles Rarotonga. Pour recueillir des informations documentées, il faudra attendre l'arrivée du Révérend John Williams (1796-1839) de la L.M.S. (London Missionary Society) en juillet 1823.
Ces magnifiques ‘staff-god' sont excessivement rares, on en compte moins d'une vingtaine essentiellement dans les musées. Ils sont d'autant plus rares, aujourd'hui, que la plupart de ces sculptures idolâtres furent brûlées par les missionnaires de la L.M.S. pour convertir à marche forcée les natifs de l'archipel Cook. Quelques ‘Dieux-Bâtons' envoyés à la L.M.S. pour son musée à Londres, créé en 1836, purent échapper aux flammes. Mais, nombres d'entre eux ont été coupés pour des questions de facilités de transport ou ‘d'obscénité' concernant la partie phallique. Les habitants des Rarotonga eux-mêmes, ont pu conserver quelques bâtons afin de ‘décorer les chevrons des chapelles (missionnaires)' [Williams, 1837, p.119]. Ce qui explique que certains exemples aient pu être exportés plus tardivement. Du fait des mauvais traitements infligés à ces ‘staff-gods' on a perdu pour la plupart d'entre eux, l'écorce de tapa qui était enroulée autour de la partie médiane du bâton. Le principe du tapa - présent dans toute la Polynésie - symbolise le pouvoir et l'âme des dieux ou mana. Ces objets hautement symboliques sont liés souvent au dieu créateur Tangaroa.
Bibliographie:
- Steven Hooper, Pacific Encounters, The British Museum Press, 2006, p. 224/225
- Steven Phelps, Art and Artefacts, The James Hooper Collection, Hutchinson Ltd, 1976, p. 133/134.

‘Staff-god', atuarakau, Rarotonga, Cook Islands
Period: probably of the XVIIIth century
H. 3.7 in - L. 35 in - W. 2 in
Provenance:
-Former collection of Sir Thomas, a miner who travelled in Australia in 1860, transmitted to his small nephew
-Sotheby's, New York, Nov. 24th 1992, lot 35
-Private collection, acquired during this sale
William Ellis, Polynesian Researches, 1829, gravure représentant les idoles des mers du Sud. DR The shaft of this superb Rarotonga “staff god” is sculpted with four groups of miniature figures, i.e. nine characters, and ends with a phallus. From left to right, the first figure, seen from the side, is very well sculpted with a large head, almond-shaped eyes, stretched ears and short limbs; it is turning its back on a second figure, whose head is aligned with the staff, but whose body is presented face-on. The second and third groups have three characters; two from the side framing a face-on figure with large ears. The last character, on its own, is similar to the first, but smaller and less sophisticated.
The patina of this very hard wood, with a fine grain, deep and soft with shades ranging from light brown to dark brown, is a mark of ancient use, obtained with long polishing movements using a scalloping tool and stone tool.
Although Captain Cook explored this archipelago during his second (1772/75) and third (1776/80) voyages, he missed the largest of these islands, Rarotonga. It was Reverend John Williams (1796-2839) from the L.M.S. (London Missionary Society) who documented information in July 1823.
These magnificent ‘staff gods' are excessively rare; today we know of less than 20, mainly in museums. They are increasingly rare today since most of these sculptures of worship were burned by the L.M.S. missionaries to force natives of the Cook archipelago to convert. A few “staff gods” sent to the L.M.S. for its museum in London, founded in 1836, managed to escape the flames. But many were cut up to make transport easier, or due to reasons of “obscenity” because of the phallic part. The inhabitants of Rarotonga were able to keep a few staffs to ‘decorate the rafters of the chapels' (missionary chapels)' [Williams, 1837, p.119]. This explains why some examples were able to be exported later on. Due to the poor treatment inflicted upon these ‘staff-gods', we have lost, for most of them, the tapa cloth that was wrapped around the middle part of the staff. Tapa - present all over Polynesia - symbolises power and the soul of the goods or mana. These highly symbolic objects are often linked to the creator god Tangaroa.
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