GARGAS (Pierre-André)

Lot 61
7 000 - 8 000 €
Résultats avec frais
Résultat : 10 889 €

GARGAS (Pierre-André)

Union souveraine et conciliatrice, De toutes les Nations d'Europe, & de celles qui sont connues. Ou Projet de Paix générale et perpétuelle. La Haye [Avignon?], s.n., 1785. In-12, demi-maroquin bordeaux avec petits coins de vélin, dos lisse orné, pièce de titre en long, tranches jaunes (Reliure moderne).
Édition originale, extrêmement rare, de ce projet de paix perpétuelle visant à la création des Nations-Unies, précurseurs de l'actuelle ONU.
Le concepteur de ce projet est Pierre-André Gargas (ou Gargaz), paysan bas-alpin surnommé le Patriote fransé, né en 1728 et mort à Toulon en 1801, condamné en 1761 à vingt ans de galère pour un meurtre dont il se déclarait innoncent. Autodidacte, c'est durant cette période de bagne qu'il développa ses idées humanistes et idéalistes, ou d'autres encore, plus ou moins farfelues, comme sa réforme de la grammaire où il prévoyait d'élever à huit le nombre de voyelles, de retrancher les lettres k, x et y et de supprimer les accents (voir le lot précédent).
Décidé de faire part de ses idées aux plus hautes personnalités de l'époque, il se rendit à Paris et rencontra notamment, en mai 1782, Benjamin Franklin, alors ministre plénipotentiaire américain en poste dans la capitale. La rencontre fut décisive: séduit à la fois par l'homme et par son projet, Franklin entreprit d'imprimer à ses frais et sur la presse de son imprimerie particulière installée dans l'hôtel de Valentinois, à Passy, un premier essai du projet de Gargas, sous le titre Conciliateur de toutes les nations d'Europe.
L'Union souveraine et conciliatrice, version plus aboutie du projet de Gargas, est dédiée à Benjamin Franklin. Véritable apologie de la paix, elle contient tous les articles fondamentaux proposés par l'auteur pour établir et entretenir l'union souveraine entre tous les souverains d'Europe & ceux qui en sont connus, de quelle nature & religion qu'ils puissent être à l'entour de la terre. Parmi ces articles se trouvent des propositions pour une entière liberté du commerce, ainsi que pour l'ouverture de canaux à travers les isthmes de Panama et de Suez.
Le livre se termine par une lettre circulaire adressée à chacune des personnes entre les mains de laquelle cet Ouvrage tombera (véritablement amie de la Société civile & parfaitement zélée pour la gloire & la conservation de tous les Souverains & de leurs familles), dont le nom était noté de la main de Gargas dans l'espace réservé en blanc au moment de l'impression.
Notre exemplaire était destiné à son Excelence [sic] Monseigneur le Ministre Plénipotentiaire de l'infant duc de Parme.
Exemplaire sans doute unique, le seul qui ait été découvert à ce jour, en dehors des épreuves de l'imprimeur trouvées aux Archives nationales par Ferréol de Ferry, archiviste et auteur d'une biographie de Gargas (Pierre-André de Gargas, galérien de Toulon, réformateur de l'orthographe et de la condition pénitentiaire, inventeur des Nations-Unies, Paris, Éd. des Écrivains, 2000). En fait, c'est pratiquement l'édition entière qui a dû disparaître lorsque les 300 exemplaires que Gargas envoya à Franklin depuis Avignon en août 1785 furent arrêtés et confisqués au Bureau de la Diligence par les commis du directeur de la Librairie (cf. Ferréol de Ferry, p. 105).
Trou supprimant quelques lettres au feuillet C4. Petite réparation sur le bord du faux-titre.
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