VASE TRIPODE À DÉCOR STUQUÉ AU COUVERCLE...

Lot 44
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120 000 - 150 000 EUR

VASE TRIPODE À DÉCOR STUQUÉ AU COUVERCLE...

VASE TRIPODE À DÉCOR STUQUÉ AU COUVERCLE SURMONTÉ D'UNE TÊTE HUMAINE CULTURE MAYA, PETÉN, GUATEMALA CLASSIQUE ANCIEN, 300-500 AP. J.-C.
Céramique à engobe brun-noir à décor stuqué polychrome.
H. 25 cm - D. 15 cm
Maya stuccoed tripod lidded vessel, human head handle, Petén, Guatemala
H. 9.84 in - D. 5.90 in
Provenance
Emile Deletaille, Bruxelles, fin des années 1960.
Expositions
Art de Mésoamérique, Meso-Amerikaanse kunst, Société
Générale de Banque, Bruxelles, 17 novembre 1976 - 8 janvier 1977, reproduit fig. 99.
Trésors du nouveau monde, Musées Royaux d'Art et d'Histoire, Bruxelles, 1992, reproduit p. 221 sous le n° 174.
Publication
Chefs-d'oeuvre inédits de l'art précolombien, Éditions ARTS 135, Boulogne, 1985, reproduit p. 229 sous le n° 350.
D'un modèle inspiré par la céramique typique de la lointaine cité de Teotihuacán, ce vase tripode à couvercle muni d'une poignée en forme de tête humaine appartient à un type de récipient, diffusé aux IVe et Ve siècles dans la région centrale de la zone maya et bien attesté dans la grande cité de Tikal quoique similaire aux productions contemporaines de Kaminaljuyú, dans les Hautes terres du Guatemala*.
La technique elle-même de son décor peint, exécuté à sec sur un enduit de chaux appliqué sur l'objet après cuisson (telle une peinture murale), apparaît comme un trait culturel typique de l'Altiplano mexicain à cette époque. De plus, le style des figures imite ici particulièrement bien celui des peintures de Teotihuacán. Il s'agit de représentations du quetzal, l'oiseau solaire aux plumes verdoyantes qui - aux yeux des anciens Mayas et des Mésoaméricains en général - symbolisait la quintessence de ce qui est précieux. Deux d'entre eux se trouvent au bord du couvercle et deux autres, d'allure plus fantastique car peut-être hybride de perroquet ara (un autre oiseau solaire, symbole de longévité), sont sur les parois du récipient lui-même. Ces derniers "vomissent" chacun une tête d'homme qui porte un grand ornement de nez à la "mexicaine".
Bien que la tête modelée sur le couvercle ne soit pas caractérisée non plus par des traits particulièrement mayas (la forme de trapèze plus large en haut qu'en bas, dans lequel s'inscrit sa face, évoque en effet plus le type ethnique de Teotihuacán), sa chevelure rouge pourrait être une coiffure faisant analogiquement allusion à l'épi de maïs et à la divinité du maïs chez les Mayas. À l'époque classique, les rois mayas se plaisaient très souvent à s'identifier à cette divinité. On remarque aussi que l'ornement nasal des têtes humaines émergeant du bec des quetzals(-aras?) mythiques ont ici, bien qu'évoquant pareillement Teotihuacán, une forme semblable à celle de l'élément distinctif du signe Ik', logogramme maya de l'air, du vent et du souffle vital (cf. Hoppan 2014, p. 108 fig.24b et p.296).
Ainsi, ces indices discrets de mayanisation tendent à montrer que ce "tripode aux quetzals" reste tout de même bien une production locale, dans le style de Teotihuacán, et non un article directement importé de l'Altiplano mexicain, ainsi que cela a parfois été le cas (à Kaminaljuyú notamment).
JMH *Dans les faubourgs de l'actuelle capitale du Guatemala, le site de Kaminaljuyú fut au classique ancien le principal avant-poste de Teotihuacán en zone maya.
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