MASQUE ANTHROPOMORPHE CULTURE TEOTIHUACÁN,...

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MASQUE ANTHROPOMORPHE CULTURE TEOTIHUACÁN,...

MASQUE ANTHROPOMORPHE CULTURE TEOTIHUACÁN,
HAUT PLATEAU CENTRAL DU MEXIQUE CLASSIQUE, 450-650 AP. J.-C.
Céramique grise avec traces de pigments rouge rosé.
H. 12 cm - L. 19,5 cm
Teotihuacán anthropomorphic mask of an incensario,
Mexico
H. 4.72 in - L. 7.48 in
Provenance
Emile Deletaille, Bruxelles, circa 1980.
CULTURE TEOTIHUACÁN Teotihuacán, «La Cité des dieux» (100 av. J.-C. - 650 apr. J.-C.), est située au nord-est de la vallée de Mexico arrosée par la rivière San
Juan dans l'État de Mexico.
Teotihuacán rayonna dans toute la Mésoamérique pendant la majeure partie du premier millénaire. Sa renommée fut immense et, bien des siècles après que ses édifices furent tombés en ruine, les prêtres de Montezuma allaient encore y sacrifier. C'est en effet à
Teotihuacán que les Aztèques situent le mythe de la création du soleil et de la lune, fruit du sacrifice de deux divinités. La période classique des civilisations précolombiennes commence à Teotihuacán avec de grands architectes, des sculpteurs et des peintres. Ces artistes élevèrent des temples immenses et harmonieux, des pyramides, des palais et de vastes complexes d'habitations plurifamiliales disposés selon un plan géométrique préconçu, ce qui en fait, avec une urbanisation organisée, une très grande ville (150 000 habitants et 20 km2). Le «Talud-Tablero» (mur incliné surmonté d'un panneau rectangulaire) caractérise dès le deuxième siècle l'architecture de
Teotihuacán et influencera de nombreuses régions jusqu'en zone Maya. Ils fouillent la pierre, sculptent des masques d'une sérénité et d'une beauté incroyables, modèlent et décorent des vases et des encensoirs et peignent des fresques qui couvrent les murs de la plus grande partie des édifices. La ville s'organise autour de l'avenue des Morts bordée de temples et de palais: au nord, la pyramide de la lune; à l'est, la pyramide du soleil, construite sur une grotte, domine; plus au sud, de part et d'autre de l'avenue des Morts, le grand ensemble comprenant un marché fait face à la citadelle. Ce marché, reflet des échanges commerciaux, proposait cacao, mica, coton, jade, albâtre, caoutchouc, coquillages, plumes, peaux de jaguars, obsidienne, turquoise... Ville cosmopolite, ses marchands rayonnaient dans toute la Mésoamérique.LES MASQUES ANTHROPOMORPHES DE TEOTIHUACÁN Ces masques lithiques d'une grande qualité sont très représentatifs de l'art de Teotihuacán. Ils sont le plus souvent sculptés dans des pierres fines ou semi-précieuses (diorite, serpentine, albâtre ou onyx translucides), sur une épaisseur parfois très importante. Si la composition très géométrique est plutôt stéréotypée, dans un schéma horizontal souvent rapproché des canons de l'architecture de
Teotihuacán, le modelé et le traitement de surface peuvent être très sensibles. Le visage trapézoïdal fait ressortir un front large à la découpe horizontale et aux bords légèrement arrondis. Les oreilles sont généralement indiquées par de simples rectangles saillants, pouvant recevoir des ornements lorsqu'elles sont perforées. D'autres perforations sur le pourtour suggèrent la fixation à un support ou la présence d'autres ornements rapportés. Des cavités dessinent les yeux et la bouche où des fragments de coquillages, d'obsidienne, de pyrite polie et d'autres matériaux incrustés, rarement préservés, formaient les pupilles et les dents.
Exceptionnellement, une mosaïque de turquoise et de coquillage couvrant le visage a pu être conservée. Ces masques ont fasciné très tôt les Aztèques, qui ont situé le lieu de création du Cinquième Soleil à Teotihuacán, en ont recueillis et déposés en offrande dans l'enceinte de leur Grand Temple de Mexico (Templo Mayor) plusieurs siècles plus tard.
Cependant, l'interprétation de ces masques reste difficile, notamment en raison du très faible nombre d'exemplaires trouvés en fouilles scientifiques. Leur poids et l'absence d'orifice pour les yeux indiquent qu'ils n'étaient pas portés. Les perforations sur le pourtour et la découverte d'exemplaires sur le sol des patios au centre des palais suggèrent la fixation à un support ou à une statue dont le corps, en matériaux périssables, aurait disparu. Dans d'autres contextes, ils auraient pu être posés au sommet d'un paquet ou fardeau (bulto) funéraire. Ils peuvent être également rapprochés stylistiquement des visages de statues anthropomorphes en pierre ou en céramique et des masques de couvercles d'encensoirs en céramique de la même culture Teotihuacán.
Leur hiératisme et leur manque apparent d'individualisation rendent cependant délicate toute attribution: individu particulier de haut rang, ancêtre ou symbole de lignage, matérialisation d'une fonction politique ou religieuse, entité supérieure ou divinité ?
Pascal FARACCI, Le Cinquième Soleil. Arts du Mexique, Sarran, Musée du président Jacques Chirac, 2012.
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