BERLIOZ (Hector).

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BERLIOZ (Hector).
Lettre autographe signée à sa sœur Nanci Pal, datée Paris 3 avril 1850, 4 p. in-8. Enveloppe.
Spirituelle lettre sur ses activités musicales, Hugo et Dumas père.
Sa sœur Nanci est malade, et il est inquiet : ..."Combien je voudrais pouvoir te donner patience et courage, mais aussi combien il t'en faut ! " Leur sœur Adèle le tiendra au courant, et lui voudrait pouvoir lui écrire chaque jour. Justement, pour la distraire, il va lui raconter tout ce qu'il a fait dernièrement. "Toujours des répétitions, toujours des concerts, et fort heureusement aussi toujours grand succès. Ce succès même exaspère jusqu'à la rage les deux ou trois ennemis qui me restent. " Parmi ces ennemis, il distingue Paul Scudo, ... "qui non content d'attaquer ma musique avec fureur dans L'Ordre et dans la Revue des deux mondes, vient, m'a-t-on dit, de publier, non pas une brochure, mais un volume [Critique et littérature musicales], pour démontrer que je ne sais pas la musique et que tout ce que j'écris est abominable et stupide..." Mais il compte bien ne point lui répondre. Il parle ensuite des concerts privés qu'il organise pour ses musiciens, ainsi chez la marquise de la Force, qu'il juge ironiquement : " Mme la marquise chante très faux, mais elle est au 18eme ciel de se faire entendre en public, accompagnée par un orchestre tel que le nôtre. " Il annonce en passant la future première audition de son Te Deum à Saint-Eustache (cette création n'aura lieu qu'en 1855). Suit le récit assez piquant d'une soirée chez Hugo : " Avant-hier j'ai passé la soirée chez Hugo, où j'ai fait la connaissance de notre compatriote Ponsart. Sa Charlotte Corday obtient un succès d'estime ; c'est, dit-on, mortellement froid. (...) Le salon d'Hugo est fort peu divertissant, malgré la charmante bonté de Mme Hugo et la grâce extrême de sa fille [Adèle Hugo]. Ses deux fils sont deux jeunes gens fort suffisants et fort préoccupés de l'illustration de leur père, sinon de leur propre mérite. Quant à lui, il est comme il a toujours été avec moi très cordial quoique grave. " Et Berlioz se déchaîne contre certaines invitées : ... "une collection d'abominables vieilles, laides à faire aboyer les chiens et méchantes et prétentieuses au plus haut degré. La mère Gay [Mme de Girardin], Mme Hamelin surtout trônent à côté d'autres laideurs moins monumentales. (...) Ce qu'il y a de bon dans ce monde-là, c'est qu'on n'y fait pas de musique." Dans le salon du peintre Gudin, il a par contre dû subir de la mauvaise musique : "A. Dumas, qui déteste même la mauvaise musique se distrayait en faisant des mots, qu'il lançait de droite et de gauche sur l'assemblée, en se promenant. Il avait sa fille à son bras ; c'est une jeune personne de 19 ans, qui ressemble trop à son père pour être jolie, mais qui a un faux air de quarteronne assez gracieux et une physionomie dont l'originalité était augmentée ce soir-là par une coiffure de sequins d'or qui la faisait ressembler à une odalisque madécasse...
Correspondance générale, éd. de P. Citron, t. III, lettre 1319, p. 702.
On joint : annonce publicitaire. Oeuvres complètes de Hector Berlioz. Imprimerie Centrale de Napoléon (Chaix), 1852. Un feuillet de deux pages petit in-folio 25 Oeuvres décrites.
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