BERLIOZ (Hector).

Lot 9
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BERLIOZ (Hector).
Lettre autographe signée à sa sœur Nanci Pal, datée Paris 29 juin [1846], 4 p. in-8, adresse autographe et marques postales.
Lettre sur La Damnation de Faust.
Berlioz vient de passer une semaine à Lille, où a été exécutée le 14 juin 1846 sa cantate Chant des chemins de fer, spécialement composée pour la cérémonie d'inauguration du chemin de fer du Nord. Il a été fort bien reçu : ... "j'ai dû essuyer quatre sérénades dont trois instrumentales et une vocale. (...) En somme l'apothéose a bien marché et les 250 musiciens militaires ont fait crânement leur devoir. La cantate a été chantée avec une verve peu commune et des voix fraîches que nous ne pouvons pas trouver à Paris pour nos chœurs." Mais il lui est arrivé une mésaventure : ... "pendant que je causais dans le salon [sic] voisin avec les Ducs de Nemours et de Montpensier (...), on m'a volé mon chapeau, d'abord, puis toute la musique de la cantate, parties d'orchestre, de chœurs et ma partition. De sorte que voilà un ouvrage perdu (...). C'est tout ce que m'a rapporté cette étourdissante fête dont le patron était Mr. Rothschild et pour laquelle on est venu me chercher à Paris"... Le maire de Lille lui a envoyé une médaille commémorative en or, mais : "On ne peut se faire une idée de cette cohue. Jules Janin [auteur des paroles de la cantate] a perdu au bal sa décoration turque en diamants qui valait 800 fr. On mourait de soif, les logemens manquaient pour les Parisiens et les Belges débarqués le jour même" ... Il est ensuite parti pour Rouen aller voir son fils Louis ... "qui vient de faire sa première communion. Il est bien formé et bien raisonnable" ... Puis il a séjourné au château de son ami le baron de Montville, où il a travaillé : "La Damnation de Faust avance, mais c'est une immense partition et j'aurai fini bien juste pour le mois de novembre époque où je dois la faire exécuter" [la première aura lieu, mais sans grand succès, le 6 décembre 1846]. Il explique à sa sœur : "Ce n'est pas ce que tu crois, il n'y a qu'une scène infernale à la fin, le dénouement au contraire se fait dans le ciel. Si tu ne me crois pas je vais te dire le chœur final, ce sera une occasion de te faire admirer mes vers dont tu n'as jamais eu le bonheur de voir le moindre échantillon" (...). Il écrit alors : "Chœur d'ange" [Chœur des anges de l'apothéose de Marguerite], puis se ravise : "Eh bien non, je réserve mes vers pour une autre occasion. J'aurai beaucoup de peine à avoir les chanteurs qu'il me faut ; je suis brouillé tout à fait avec Pillet [Léon Pillet, directeur de l'Opéra], à cause de mes articles sur l'Opéra. La patience m'a manqué à la fin ; il n'y avait pas moyen d'y tenir ; c'est un honteux théâtre" ...
Correspondance générale, éd. de P. Citron, t. III, lettre 1045, p. 346.
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