‘DIEU-BÂTON’, ATUARAKAU, RAROTONGA, ÎLES COOK

Lot 65
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‘DIEU-BÂTON’, ATUARAKAU, RAROTONGA, ÎLES COOK

‘DIEU-BÂTON’, ATUARAKAU, RAROTONGA, ÎLES COOK

Epoque présumée : XVIIIe siècle

Bois de fer (casaurina equisetifolia) H. 9,5 cm - L. 88,9 cm - l. 5,1 cm


Provenance :

- Collecté par Monsieur Thomas, lors de son séjour en Australie dans les années1860

- Transmis à son petit neveu

- Sotheby’s, New York, 24 novembre 1992, lot 35

- Collection privée


Bibliographie :

- Steven Hooper, Pacific Encounters, The British Museum Press, 2006, p. 224/225.

- Steven Phelps, Art and Artefacts, The James Hooper Collection, Hutchinson Ltd, 1976, p. 133/134.


Le manche de ce superbe ‘Dieu-Bâton’ Rarotonga est sculpté de quatre groupes de figures miniatures, soit neuf personnages, et se termine par un phallus. De gauche à droite, la première figure, vue de profil est très bien sculptée avec une tête au volume important, des yeux en amande, des oreilles étirées et des membres réduits ; elle tourne le dos à une seconde figure dont la tête est dans l’axe du bâton mais le corps présenté de face. Le deuxième groupe, comme le troisième, comprend trois personnages, deux de profil encadrant une figure de face aux oreilles exagérées. Le dernier personnage, isolé et juste avant la coupure du bâton, est proche du premier avec toutefois un volume et un raffinement moindres.

La patine de ce bois très dur, au grain fin, profonde et douce avec des nuances allant du brun clair au brun foncé, signe d’ancien usage, était obtenue par de longs ponçages au coquillage et à l’outil de pierre.

Si le Capitaine Cook croisa dans cet archipel lors de ses deuxième (1772/75) et troisième (1776/80) voyages, il manqua la plus grande de ces îles Rarotonga. Pour recueillir des informations documentées, il faudra attendre l’arrivée du Révérend John Williams (1796-2839) de la L.M.S. (London Missionary Society) en juillet 1823.

Ces magnifiques ‘staff-god’ sont excessivement rares, on en compte moins d’une vingtaine essentiellement dans les musées. Ils sont d’autant plus rares, aujourd’hui, que la plupart de ces sculptures idolâtres furent brûlées par les missionnaires de la L.M.S. pour convertir à marche forcée les natifs de l’archipel Cook. Quelques ‘Dieux-Bâtons’ envoyés à la L.M.S.

pour son musée à Londres, créé en 1836, purent échapper aux flammes. Mais, nombres d’entre eux ont été coupés pour des questions de facilités de transport ou ‘d’obscénité’ concernant la partie phallique. Les habitants des Rarotonga eux-mêmes, ont pu conserver quelques bâtons afin de ‘décorer les chevrons des chapelles (missionnaires)’ [Williams, 1837, p.119]. Ce qui explique que certains exemples aient pu être exportés plus tardivement. Du fait des mauvais traitements infligés à ces ‘staff-gods’ on a perdu pour la plupart d’entre eux, l’écorce de tapa qui était enroulée autour de la partie médiane du bâton. Le principe du tapa – présent dans toute la Polynésie – symbolise le pouvoir et l’âme des

dieux ou mana. Ces objets hautement symboliques sont liés souvent au dieu créateur Tangaroa.

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