Couple de statues commémoratives, Peuple...

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Couple de statues commémoratives, Peuple...

Couple de statues commémoratives, Peuple Bamiléké, Cameroun
Première moitié du xxe siècle
Bois
H. 94 et 97 cm
Bamileke couple of commemorative statues, Cameroon
H. 38 ¼ in and 37 in
Publication :
- Raymond Lecoq, Les Bamiléké, 1953, Editions Africaines, couverture & PP. 126-127 n°96-97
La figure masculine est globalement plus petite que la figure féminine. Tous deux sont représentés assis. Les épaules de la femme sont plus larges que celles de l'homme. Le nez de l'homme est plus petit, plus fin et plus pointu que celui de la femme, qui est plus prononcé et doté d'ailes plus grandes. Les yeux, largement ouverts et entourés de paupières distinctes, et les bouches circulaires sont très similaires, tout comme la forme des oreilles, bien que celles du mâle soient proportionnellement un peu plus petites. Le mâle porte un bonnet à pommeau qui indique son statut de chef. L'emplacement esthétique du cou à la jonction des épaules et la manière dont il se rétrécit en pointe à l'avant sont remarquables.
Une fissure dans le bois longe le cou de la figure masculine. Sur les deux objets, les épaules, qui sont larges par rapport aux torses étroits, sont particulièrement harmonieuses. Une figure portant un bol de noix Tikar/Majung kota d'environ 56 cm de haut et 30 cm de large conservée au Portland Art Museum (70. 10.33)1 présente de nombreuses similitudes avec ces deux figures Bamileke dans la configuration des épaules, du haut du corps et du cou. L'existence d'influences d'autres "zones de style" sur l'art bamiléké est largement connue. La coiffure de la femme semble avoir été influencée par les coiffures et les couvre-chefs de danse de Bamum. Cette influence peut également être observée sur les masques des Bangwa de l'Est.2 Deux figures commémoratives de Batufam, dans la partie sud-ouest de la région Bamileke, étaient également dotées de coiffures striées et sillonnées, comme le montre une photographie in situ.3
Des motifs gravés ornent le haut des bras et le haut de la poitrine de la figure féminine. Des exemples de tatouages sur le haut du corps des femmes de la zone Bamiléké sont connus grâce à des photos de terrain (voir Egerton, 1938, page 247, #83 et #84 " femmes au dos cicatrisé " ; page 106, #31 et #32, " mères cicatrisées avec un enfant ", et Lecoq, 1953/1998, " Au marché. A noter les scarifications", n°23). Les femmes se font graver sur la peau des emblèmes de leur statut social, qui sont parfois des indicateurs de leur statut familial ou du nombre d'enfants qu'elles ont, ou simplement décoratifs, et il s'agit parfois de petites cicatrices provenant de coupures faites par des guérisseurs. Les motifs très structurés sur le haut du corps de cette figure féminine avec enfant sont néanmoins une rareté. Ont-ils été ajoutés par un artisan autre que le sculpteur original ? Ces formes circulaires et ovales sont des indications de rang plus souvent observées sur des objets insignes de notables, de chefs ou de femmes de haut rang des Grasslands. On les voit par exemple souvent incisées en relief sur des cornes à boire. Il existe par ailleurs des figures assez anciennes de chefs de la région Bamiléké qui présentent des motifs gravés sur le haut du corps et/ou le haut du bras (exemples : Statue Commémorative de fon, Bal'owen à Banka, 116 cm, au Landesmuseum Hannover [IV 55.541], d'après Harter, 1986, page 259, #292 ; Statue d'ancetre. Batié, 115 cm, 19e siècle, la figure d'ancêtre d'un chef présente des motifs en relief sur le haut des bras et la poitrine, dont le symbole du crapaud ; illustré dans Lecoq 1953/1998, page 135, #105).
Les bras des deux personnages sont longs et très fins. Des phalanges individuelles sont rendues sur leurs mains courtes et puissantes. Cela pourrait être la marque d'un sculpteur particulier. C'est également le cas des pieds distinctifs et allongés des deux personnages.4 La reine Bangwa et son "partenaire", un personnage de chef coiffé d'un haut chapeau à pommeau, ont des pieds semblables à des pattes en comparaison. La reine Bangwa et son "partenaire", un personnage de chef coiffé d'une haute coiffe à boutons, ont des pieds semblables à des pattes. On suppose qu'il s'agit de représentations de bandes de peau de léopard et qu'elles font allusion aux pouvoirs surnaturels qu'il acquiert lors des rites de passage associés à son intronisation. On pense que, grâce à son lien avec un "alter ego" animal, comme un léopard dans la nature, qui possède certains attributs spécifiques, le chef acquiert ces pouvoirs surnaturels qui l'aident dans la vie réelle et lui confèrent des capacités de protection sacrées et surhumaines. Il s'agit à la fois d'une métaphore et d'une croyance concrète dans la mesure où il est jugé possible pour les chefs des Grasslands de se transformer en animaux, comme le python, l'éléphant ou le léopard.
La figure Bamileke masculine présentée ici tient un crâne dans une main et une calebasse dans l'autre.
Les seins de la figure fémini
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