Ɵ Statuette Banda, région de Mobaye, République... - Lot 49 - Binoche et Giquello

Lot 49
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Estimation :
100000 - 150000 EUR
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Résultat : 116 110EUR
Ɵ Statuette Banda, région de Mobaye, République... - Lot 49 - Binoche et Giquello
Ɵ Statuette Banda, région de Mobaye, République Centrafricaine
Fin du XIXe siècle
Bois à patine brun foncé et d'usage, incrustations d'os (?)
H. 41 cm
Banda Figure, Mobaye area, Central Republic of Africa
H. 15 ¼ in 100 000/150 000
Provenance :
- Collecté dans la région de Mobaye par Belouard, missionnaire français, vers 1910
- Pierre Dartevelle, Bruxelles
- Baudouin de Grunne, Bruxelles
- Bernard de Grunne, Bruxelles
- Collection privée
Bibliographie:
- Alisa LaGamma, Echoing Images: Couples in African Sculpture, New Haven et Londres, Yale University Press, 2004, p. 41, pl. 30.
- Bernard De Grunne, et al, Masterhands: Afrikaanse Beeldhouwers in de Kijker/Mains de Maîtres: A la Découverte des Sculpteurs d'Afrique, Bruxelles, Espace Culturel BBL, 2001, p. 224, no. 79.
Expositions:
- Echoing Images: Couples in African Sculpture, The Metropolitan Museum of Art, New York, 10 février 2004 - 5 septembre 2004
- Mains de Maîtres : A la Découverte des Sculpteurs d'Afrique : Espace Culturel BBL, Bruxelles, 22 mars - 24 juin 2001
L'histoire des populations de la région de l'Oubangui a été fortement marquée par des déplacements et des brassages de populations liés aux activités coupables des marchands d'esclaves tchadiens et soudanais du XIXe siècle. Le peuple banda fut certainement le plus meurtri par ces incessantes razzias ce qui explique sans doute, malgré l'importance de leur population, que peu d'œuvres d'art soient parvenues jusqu'à nous. Les arts plastiques ont souvent besoin de sédentarisation, de paix et de prospérité pour s'épanouir au sein d'une société. Pourtant, au début du XXe siècle, un administrateur colonial français du nom de Xavier Bellouard collecta dans la région de Mobaye un certain nombre de statuettes au style et à la facture si bien définis que la plupart d'entre elles furent attribuées par les historiens d'art à une même main, celle du «maître de Mobaye». Très explicitement sexuées et fonctionnant en couple, ces petites sculptures intervenaient au moment des cérémonies de passage des associations secrètes initiatiques Banda, lorsque la présence tangible des ancêtres était requise par le rituel. Il est probable qu'elles aient été symboliquement liées à l'allégorie d'un couple d'ancêtres fondateurs, à l'instar de Seto et Nabo des Ngbaka voisins. Avec une modestie maîtrisée, l'œuvre s'impose... Bien campée sur des jambes à la stylisation classique de la région, le long torse aux bras plaqués porte au zénith une tête hémisphérique en chapeau de champignon. Le visage y apparaît dans l'enchevêtrement de la coiffe, simple aplat circulaire en rehaut, incrusté de petits yeux ronds et blancs et séparé en deux moitiés par le nez très allongé. Si l'économie de moyens est optimale, l'émotion provoquée par ce regard doux et naïf, tourné vers le ciel, est au rendez-vous. Le «maître de Mobaye» signe en cette statuette un de ses trop rares chefs-d'œuvre. «Il (Matisse) me voit regarder quelques statues en bois sculptées par des indigènes africains. Ces objets et quelques fragments de sculptures égyptiennes sont quasiment les seuls hormis les tableaux, dans tout l'atelier. Il passe la main sur les statuettes en prononçant un mot : " simplification"». Charles Caffin, Matisse, Camera Work, n°25.
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