Ɵ Belle statuette féminine dite Jonyeleni,... - Lot 27 - Binoche et Giquello

Lot 27
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Estimation :
100000 - 150000 EUR
Ɵ Belle statuette féminine dite Jonyeleni,... - Lot 27 - Binoche et Giquello
Ɵ Belle statuette féminine dite Jonyeleni,
Société du Jo, Bamana, Mali
Époque présumée : fin du XIXe siècle
Bois à patine brune, clous de traite et anneaux de métal
H. 47 cm
So-called Jonyeleni beautiful female figure,
Jo society, Bamana, Mali
H. 18 ½ in
Provenance :
- Vente de Quay-Lombrail, Paris, 30 juin 1994, lot 10
- Collection Gaston de Havenon, New York
- Collection privée
Les Bamana vivent au Mali au sud-ouest du territoire des Dogon. Comme chez ces derniers, leur société est patrilinéaire et patrilocale. Essentiellement agriculteurs, produisant le mil, le sorgho et le fonio, ils possèdent un culte des ancêtres fort et des sociétés initiatiques organisées par classes d'âge. Ces sociétés revêtent une grande importance chez les Bamana. Elles enseignent la compréhension de tout ce qui touche à la nature, à l'être humain ainsi qu'à la destinée que Dieu lui réserve.
La société initiatique Bamana se nomme Jo (ou Dyo) - jo jo signifiant «la vérité» - et désigne également des institutions comme le Ntomo, le Kono ou le Tyiwara qui fonctionnent comme des instances de régulation et de protection de la communauté ainsi que comme intermédiaires entre le monde temporel et le monde spirituel.
À l'origine, le Jo est féminin. Ce sont les femmes qui trouvèrent sa représentation matérielle dans la brousse et le donnèrent aux hommes qui organisèrent la société selon les principes de ce Jo originel.
C'est pourquoi parmi le corpus d'objets liés aux cultes du Jo, les statues féminines Jonyeleni comme cet exemplaire sont incontournables. C'est une matérialisation de l'âme de l'entité féminine à l'origine de la création des pratiques initiatiques qui régissent la société et maintiennent l'ordre social.
Notre exemplaire qui est issu de ce corpus possède toutes les caractéristiques de l'art Bamana. Une plastique relativement schématique, à l'instar des voisins Dogon, mais à la différence de ces derniers dont l'esthétique pourrait être qualifiée d'austère, le sculpteur Bamana déploie généreusement l'articulation des volumes. Tantôt franche et nette comme la jonction entre le buste très plat et les seins jaillissants, tantôt plus souple et continue telles les courbes des jambes et la ligne douce qui court des épaules jusqu'aux mains.
La présence du décor géométrique représentant les scarifications associée à une très belle patine d'ancienneté témoignent de l'importance de cette oeuvre qui avait pour but premier de valoriser la prestance et la fonction sociale du Jo lors des représentations septennales rituelles dans lesquelles cette belle statuette Jonyeleni était utilisée.
À noter que deux autres exemplaires semblent être issus du même atelier, l'un est conservé au MET à New York (ref. 1979.206.12), l'autre en collection privée (récolté in situ vers 1925 par R. Chaimbaux), publié dans Lumière Noire. Arts Traditionnels par le centre d'art de Tanlay en 1997 (n°18).
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