Ɵ Statuette Banda, région de Mobaye, République...

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Ɵ Statuette Banda, région de Mobaye, République...

Ɵ Statuette Banda, région de Mobaye, République Centrafricaine
Fin du XIXe siècle
Bois à patine brun foncé et d'usage, incrustations d'os (?)
H. 40 cm
Banda Figure, Mobaye area, Central Republic of Africa
H. 15 1/5 in
Provenance:
- Collection privée
Publication:
- Alisa LaGamma, Echoing Images: Couples in African Sculpture, The Metropolitan Museum, 2004, p. 41
L'histoire des populations de la région de l'Oubangui a été fortement marquée par des déplacements et des brassages de populations liés aux activités coupables des marchands d'esclaves tchadiens et soudanais du XIXe siècle. Le peuple banda fut certainement le plus meurtri par ces incessantes razzias ce qui explique sans doute, malgré l'importance de leur population, que peu d'œuvres d'art soient parvenues jusqu'à nous. Les arts plastiques ont souvent besoin de sédentarisation, de paix et de prospérité pour s'épanouir au sein d'une société.
Pourtant, au début du XXe siècle, un administrateur colonial français du nom de Xavier Bellouard collecta dans la région de Mobaye un certain nombre de statuettes au style et à la facture si bien définis que la plupart d'entre elles furent attribuées par les historiens d'art à une même main, celle du « maître de Mobaye ». Très explicitement sexuées et fonctionnant en couple, ces petites sculptures intervenaient au moment des cérémonies de passage des associations secrètes initiatiques Banda, lorsque la présence tangible des ancêtres était requise par le rituel. Il est probable qu'elles aient été symboliquement liées à l'allégorie d'un couple d'ancêtres fondateurs, à l'instar de Seto et Nabo des Ngbaka voisins.
Avec une modestie maîtrisée, l'œuvre s'impose... Bien campée sur des jambes à la stylisation classique de la région, le long torse aux bras plaqués, d'où seul émerge l'ombilic en fier symbole de filiation, porte au zénith une tête hémisphérique en chapeau de champignon. Le visage y apparaît dans l'enchevêtrement de la coiffe, simple aplat circulaire en rehaut, incrusté de petits yeux ronds et blancs et séparé en deux moitiés par le nez très allongé. Si l'économie de moyens est optimale, l'émotion provoquée par ce regard doux et naïf, tourné vers le ciel, est au rendez-vous. Le « maître de Mobaye » signe en cette statuette un de ses trop rares chefs-d'œuvre.
« Il (Matisse) me voit regarder quelques statues en bois sculptées par des indigènes africains. Ces objets et quelques fragments de sculptures égyptiennes sont quasiment les seuls hormis les tableaux, dans tout l'atelier. Il passe la main sur les statuettes en prononçant un mot: " simplification" ». Charles Caffin, Matisse, Camera Work, n° 25.
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