KATSINA HEMIS KACHINA DU NOUVEAU MAÏS Hopi,...

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KATSINA HEMIS KACHINA DU NOUVEAU MAÏS Hopi,...

KATSINA HEMIS
KACHINA DU NOUVEAU MAÏS
Hopi, Arizona
Années 1910-1920
H. 37,5 cm
Cette spectaculaire figure Kachina haute de 37,5 cm représente la Kachina du Nouveau Maïs. Dans le panthéon Hopi, cette Kachina se nomme Hemis. Elle représente le maïs à maturation et constitue une prière pour la pluie et la germination.
Les plantes et les céréales sont d'une importance cruciale pour les Hopi dont les ressources en nourriture sont rares. C'est pourquoi de nombreuses Kachina du panthéon sont liées aux plantes, en particulier le maïs, les haricots et les courges (les «Trois Soeurs»). Ces dernières constituaient l'alimentation de base dans la plupart des cultures préhispaniques de Méso-Amérique et des cultures ancestrales des Pueblo. Elles jouent encore un rôle crucial dans les systèmes agricoles traditionnels du Sud-Ouest des États-Unis.
Hemis est l'une des Kachina iconiques des Hopi. Elle ouvrait notamment les danses du Niman (la cérémonie du Retour à la Maison à la fin de l'été). Elle est décorée de nombreux symboles marquant le désir de pluie.
Les motifs sur la tabletta (l'élément étagé en forme de couronne encadrant le visage) et sur le masque sont particulièrement signifiants. On y trouve des figurations de gouttes de pluie, d'arc-en-ciel et d'épis de maïs stylisés. La découpe de la tabletta reprend quant à elle la forme des «escaliers du ciel» figurant l'eau de pluie tombant des nuages.
La sculpture présentée ici se tient dans la posture classique des Kachina anciennes, debout, les bras repliés devant le torse. Le personnage porte une bandoulière alternant des bandes blanches et noires et des brassards blancs se détachant sur le costume sombre caractéristique des Kachina Hemis. Le tablier cérémoniel appelé satch en langue Hopi tombe sur le côté droit. Il est orné de motifs géométriques finement représentés.
Il se dégage de cette Kachina ancienne une poésie et une puissance remarquables.
Provenance:
Collection de Monsieur A. F., Paris

KATSINAM
Poupées Kachina des Indiens Hopi d’Arizona

« J’ai deux très belles poupées Pueblo. C’est ce qu’il y a de plus beau au monde. Je les mettrai dans ta chambre… »1.
Paul Eluard, lettre à sa femme Gala,1927
Le sud-ouest des États-Unis, à la frontière entre les états d’Arizona et du Nouveau-Mexique, est le berceau d’un grand nombre de cultures descendant de groupes amérindiens ancestraux connus sous le nom de Pueblo. Depuis des centaines d’années, au sommet des montagnes plates d’Arizona, sur la plaza, la grande place rectangulaire au centre du village Hopi, des danseurs masqués et costumés viennent semaine après semaine prier pour la pluie et la germination.
Ils figurent les esprits Kachina ou « katsinam », un mot signifiant à la fois statuette de bois, danseur masqué ou divinité.
À l’issue des cérémonies, les danseurs masqués offrent aux enfants du village des poupées sculptées à leur image. L’enfant qui recevait une poupée la gardait précieusement en souvenir de cette danse et l’accrochait au mur de sa maison en signe de protection.
On peut répertorier près de 450 différents esprits Kachina dans le panthéon Hopi. Chacun se caractérise par des couleurs, symboles et éléments de costume spécifiques qui permettent son identification précise.
Chaque esprit a un rôle, une fonction bien définie. Célébration de la faune et de la flore, appel à la fertilité et à la clémence des éléments, mais aussi miroir de la société avec ses guerriers, ses clowns ou ses censeurs, le monde des Kachina fascine au-delà de sa seule portée ethnographique : il vient en écho aux préoccupations ancestrales de toutes les sociétés humaines.
Objets de transmission, outils de mémoire et oeuvres d’art à part entière, les poupées Kachina constituent un vibrant témoignage des traditions et croyances ancestrales des peuples amérindiens.
La découverte des arts amérindiens dans le monde occidental
Avec la naissance de l’ethnographie et le développement des premiers musées consacrés aux cultures extra-européennes à la fin du XIXe siècle, quelques rares exemples de poupées Kachina commencent à être collectés en Arizona pour être exposés en Europe, en Russie et aux États-Unis. Dès le début du XXe siècle, d’illustres artistes pionniers tels que les Expressionnistes allemands et plus tard les Surréalistes tombent sous le charme de ces poupées en bois polychrome.
Ainsi dès 1911, Emil Nolde fait apparaître dans ses compositions intitulées « Exotische Figuren » des poupées Kachina qu’il a pu admirer dans les collections du Museum für Völkerkunde (Musée Ethnologique) de Berlin.
En 1927 à Paris, plusieurs sculptures Hopi sont présentées dans l’exposition « Yves Tanguy et Objets d’Amérique » de la Galerie Surréaliste, rue Jacques Callot. A cette époque, André Breton et Paul Eluard font l’acquisition de poupées Kachina ainsi que l’exprime Eluard dans une lettre à sa femme Gala datée du 29 mai 1927 : « J’ai deux très belles poupées Pueblo. C’est ce qu’il y a de plus beau au monde. Je les mettrai dans ta chambre… »2.
Cet amour pour l’art des Indiens du Sud-Ouest est encore mis en avant lors de l’ « Exposition Surréaliste d’Objets » organisée par André Breton à la galerie Charles Ratton, dont l’affiche publiée dans la revue Cahiers d’Art en 1936 figure une belle Kachina Hemis comparable au lot 1 présenté dans cette vente.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, un grand nombre d’artistes et intellectuels partent en exil aux Etats-Unis. À New York, guidés notamment par Claude Levi-Strauss, les Surréalistes comme Yves Tanguy, André Masson ou Max Ernst entrent enfin en contact direct avec les cultures amérindiennes et en profitent pour visiter les collections des musées et les galeries consacrées aux arts amérindiens.
André Breton fait même en 1945 un voyage chez les Hopi en Arizona et en revient profondément marqué.
« Je te salue du bas de l’échelle qui plonge en grand mystère dans la kiva hopi, la chambre souterraine et sacrée ce 22 août 1945 à Mishongnovi, à l’heure où les serpents d’un noeud ultime marquent qu’ils sont prêts à opérer leur conjonction avec la bouche humaine » 3 écrit-il ainsi en 1947.
À leur tour, les artistes surréalistes et leurs proches ont transmis leur passion à des générations entières de collectionneurs.
C’est ainsi que les Kachina demeurent depuis leur découverte il y a plus de cent ans une source inépuisable de rêve, de poésie et d’inspiration.
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