LIVRE D'HEURES À L'USAGE DE TOURS France,...

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LIVRE D'HEURES À L'USAGE DE TOURS France,...

LIVRE D'HEURES À L'USAGE DE TOURS France, Angers ou Tours, c. 1460
Manuscrit enluminé sur parchemin, en latin et en français, 141 ff.
In-8, veau glacé olive, décor doré à la fanfare sur les plats, dos à 5 nerfs cloisonné et fleuronné, doublure et gardes de papier marbré, roulette à froid sur les coupes, tranches dorées (reliure pastiche). Dimensions: 110 x 160 mm.
Manuscrit orné de 8 grandes miniatures, dont 2 sont attribuables à un artiste du cercle de Jean Fouquet (Maître du Boccace de Münich (?) actif à Tours de c. 1460 à c. 1480) et 6 sont attribuables au Maître du Boccace de Genève (actif à Tours et Angers circa 1445 à 1475).
Redécouverte. Ce manuscrit est inédit.
Fruit de l'association de deux maîtres, l'un angevin, l'autre tourangeau, l'étude des présentes Heures permet d'avancer notre connaissance des réseaux de collaboration existant entre l'atelier du Groupe Jouvenel actif à Angers où travaillait le Maître du Boccace de Genève et celui de Fouquet à Tours où œuvraient ses collaborateurs et continuateurs tel le Maître du Boccace de Münich. Des liens précoces sont établis entre le milieu artistique angevin et tourangeau. Ce livre d'heures est intéressant aussi sur le plan liturgique car il est à l'usage de Tours; au calendrier, plusieurs saints du Grand Ouest (saints angevins, poitevins, manceaux, bretons et même d'outre-Manche) côtoient une majorité de saints tourangeaux.
Six miniatures sont attribuables au Maître du Boccace de Genève, actif en Anjou circa 1445 et 1475 (voir Gauthier et alia dir., Splendeur de l'enluminure... (2009) et tout particulièrement l'essai de E. König, «Le Maître du Boccace de Genève», pp. 133-143).
Cet artiste a peint les miniatures suivantes: Visitation (fol. 29v); Annonce aux bergers (fol. 52); Adoration des mages (fol. 62); Présentation au temple (fol. 67v); Couronnement de la Vierge (fol. 82); David en prière (fol. 112).
D'abord peintre dans l'atelier du Maître de Jouvenel, le Maître du Boccace de Genève travaille ensuite dans l'entourage de René d'Anjou à Angers à partir de 1460. Il doit son nom de convention à un manuscrit de Boccace, De Casibus dans la traduction française de Laurent Premierfait, Du cas des nobles hommes et femmes, conservé à Genève, BGE, ms fr. 191. Le plus ancien manuscrit dans lequel des miniatures de ce Maître ont pu être identifiées est un Mare Historiarum peint pour Guillaume Jouvenel des Ursins. Les miniatures du Mare Historiarum datent sans doute des années 1448-1450, période où le Maître du Boccace de Genève prend probablement la tête de l'atelier du Maître de Jouvenel, artiste avec lequel il a longtemps été confondu avant que König ne distingue les différentes mains au sein du «Groupe Jouvenel». Le Mare Historiarum rassemble des miniatures des deux peintres («Sans aucun doute, le Maître de Boccace est non seulement plus jeune que le Maître de Jouvenel, mais il est aussi son élève» (König, 2009, p. 136)). Son style est très marqué par l'influence du peintre du roi René, Barthélemy d'Eyck: leur rencontre (ou sa connaissance des manuscrits de Barthélemy d'Eyck) date probablement des années 1450 ou au plus tard de 1460. Il peint relativement peu de livres d'heures: il est intéressant de retrouver sa main dans le présent livre d'heures, inconnu jusqu'ici, avec des attaches liturgiques à Tours mais aussi au Grand Ouest en général (Anjou, Poitou, Mayenne, Bretagne) comme le suggère un calendrier très complet et fort original (voir texte ci-dessous pour le relevé des saints).
Deux miniatures sont peintes par un peintre clairement «fouquettien», certainement collaborateur proche du célèbre maître tourangeau ou issu de son atelier: Annonciation (fol. 13) et Nativité (fol. 47).
Jean Fouquet (né vers 1415/1420 et mort avant 1480) demeure sans conteste l'artiste le plus important de la peinture française du XVe siècle. Autour de la personne du maître, avant et après son voyage en Italie que l'on situe vers 1443-1447, se dégagent des artistes «fouquettiens» qui ont collaboré dans son atelier. Il a été suggéré que l'artiste baptisé «Maître du Boccace de Münich» (dont l'activité s'étendrait de c. 1460 à c. 1480) serait en fait un «héritier spirituel et continuateur» de l'artiste des Heures d'Etienne Chevalier, peut-être l'un des fils de Jean Fouquet (Louis ou François) (voir Avril, 2003, n° 35, p. 331; Tours, 2012, no 33, p. 164). Le Maître du Boccace de Münich est nommé d'après un manuscrit de Boccace, Des cas des nobles hommes et femmes (Münich, Bayerische Staatsbibliothek, Cod. Gall 6). Ce manuscrit fut peint vers 1459-1460 et vers 1460-1465 par Jean Fouquet et ce second artiste dit «Maître du Boccace de Münich».
Les études récentes ont dégagé un corpus de manuscrits attribuables au proche cercle de Jean Fouquet. On parle de «Fouquet workshop books» c'est-à-dire un groupe de livres d'heures «commerciaux» issus de l'atelier de Jean Fouquet. Nicole Reynaud parlait de la «manière des petits livres d'heures peints par les disciples zélés de Fouquet» (voir Avril, 2003, no 35, p. 331)). Dans l'exposition et le catalogue Jean Fouquet (2003) François Avril décrit cinq manuscrits regroupés sous la rubrique Vers une production commerciale: les livres d'heures «style Fouquet» produits à Tours au cours des années 1465 à 1475 (cat. no 41 et cat nos 42-45): «Leur référence commune au style de Fouquet se manifeste par la reprise des types de figures caractéristiques du maître, de sa technique picturale, de sa conception de l'espace et du paysage, certains schémas de composition utilisés dans les miniatures présentant en outre des parentés indiscutables avec ceux du chef-d'œuvre de l'artiste, les Heures d'Etienne Chevalier» (Avril, 2003, p. 354). Parmi les livres d'heures qui relèvent de cette production «commerciale» fouquettienne, on en relève quatre attribués au Maître du Boccace de Münich ou son entourage et tous datables vers 1470-1475 (Paris, BnF, Latin 13305; Sheffield, Ruskin Gallery, R. 3548; Paris, BnF, NAL 3203; San Marino, Huntington Library, ms. HM 1163) (Avril, 2003, nos 42-45, pp. 358-374).
Les deux miniatures des présentes Heures sont à rapprocher de certaines des compositions trouvées dans ce groupe de livres d'heures «style Fouquet». Citons par exemple l'Annonciation dans Paris, BnF, Latin 13305 (fol. 15), celle de San Marino, Huntington Library ms. HM 1163 (fol. 37) et l'Annonciation des présentes Heures; on relèvera aussi les points communs entre les scènes de Nativité (Paris, BnF, Latin 13305 (fol. 57v); San Marino, Huntington Library, ms HM 1163 (fol. 77v) et les présentes Heures (fol. 47)). Signalons que la Nativité des présentes Heures doit beaucoup au modèle de Jean Fouquet adopté dans les Heures d'Etienne Chevalier (Chantilly, Musée Condé, Heures d'Etienne Chevalier, no. 24.9): on remarque la reprise du modèle de Fouquet de la Vierge portant un voile blanc posé sur sa tête avec un pan qui retombe sur sa poitrine comme une écharpe, les mains jointes en prière, et l'Enfant posé au sol sur un grand tissu bleu.
Il faut rappeler que la recherche récente s'est penchée sur la question controversée de la première formation de Fouquet et notamment sur les liens entre les ateliers d'Angers et de Tours (Avril, 2003 et König, in Gauthier (dir.), 2009). Il a longtemps été considéré, notamment par Paul Durrieu (1904, 1906), que certaines œuvres du Maître de Jouvenel - artiste angevin - étaient en fait des œuvres de jeunesse attribuables à Jean Fouquet. Pour des raisons de date et de style, cette hypothèse n'est plus retenue. Par exemple, il est admis que le livre d'heures Paris, BnF, NAL 3211 (Angers, vers 1450) fut peint par le Maître de Jouvenel, maître d'œuvre angevin de ces Heures, avec la participation de Jean Fouquet, peintre tourangeau, à qui l'on doit l'Extase de saint François (p. 241), certainement après son voyage en Italie: «Mais il [le livre d'heures angevin] réhabilite paradoxalement l'intuition du grand savant [Durrieu], qui avait pressenti les liens entre le jeune et prometteur artiste tourangeau et l'atelier du maître angevin, liens dont nous trouvons confirmation dans deux autres manuscrits, le livre d'heures Latin 1417 de la BnF (cat. no 21) et les Heures dites du Cardinal de Bourbon conservées à Copenhague (cat. no 22)» (Avril, 2003, no 20, p. 174). Un autre livre d'heures - récemment acquis par la BnF en 2012, dit «Heures de Jeanne de France» (Paris, BnF, NAL 3244) - peint à Angers vers 1452, contient des miniatures par le Maître de Jouvenel et deux miniatures attribuées à Jean Fouquet (ff. 263v et 270v).
Dans ce contexte de collaboration entre ateliers tourangeau et angevin, les présentes Heures sont des plus intéressantes, car elles associent à leur tour deux artistes de la «seconde génération»: un artiste fouquettien tourangeau (Maître du Boccace de Münich, continuateur de Jean Fouquet) et un artiste du Groupe Jouvenel angevin (Maître du Boccace de Genève, étroitement lié au Maître de Jouvenel auprès duquel il a été formé).
Par rapport au groupe susmentionné de livres d'heures «commerciaux» de style fouquettien, le plus souvent associé au Maître du Boccace de Münich, continuateur de Fouquet et datables vers 1470-1475, il se peut que le présent livre d'heures soit peint plus tôt, vers 1460. Par bien des égards, il se rapproche d'un livre d'heures à l'usage de Paris, avec un calendrier pour Tours, peint à Angers (ou Tours ?), vers 1450-1455, attribué à un «artiste proche de Fouquet» (Paris, BnF, Latin 1417; voir Avril, 2003, no 21, pp. 175-181; Durrieu considérait que ce manuscrit était peint par Fouquet jeune; König rapproche ce manuscrit de la production du Maître de Jouvenel lors d'une période nantaise; Avril penche plutôt pour une production angevine ou tourangelle). Le manuscrit Paris, BnF, Latin 1417 contient 20 enluminures d'une main qui n'est pas sans rappeler par certains côtés les miniatures attribuables à l'artiste angevin (Maître du Boccace de Genève issu du «Groupe Jouvenel») des présentes Heures à l'usage de Tours (ff. 29v, 52, 62, 67v, 82, 112): signalons comme traits communs les grandes figures longilignes dotées de têtes minuscules, avec des vêtements très amples, des arrière-plans sertis de motifs d'acanthe dorés sur fonds bleus (Paris, BnF, Latin 1417, ff. 161, 196v, 201, 212) ou rouge (les présentes Heures à l'usage de Tours, fol. 82). Par ailleurs les Heures Paris BnF Latin 1417 contiennent des encadrements peints très soignés, typiquement angevins, parfois presque identiques à ceux du présent livre d'heures, avec un soin particulier apporté à la représentation botanique, l'association de feuilles d'acanthe bleu et or, des longues feuilles alternativement vertes ou dorées, parfois dentelées ou soulignées de traits noirs, quelques feuillages de forme «as de pic» vert ou or. Mais si les Heures Paris, BnF, Latin 1417 sont peintes par un artiste unique a priori fouquettien - proche du Groupe Jouvenel/Maître du Boccace de Genève - les présentes Heures à l'usage de Tours associent un artiste angevin (Maître du Boccace de Genève) à un artiste fouquettien (Maître du Boccace de Münich ?). L'artiste tourangeau dit du Maître du Boccace de Münich, aurait-il effectué un séjour à Angers (comme Jean Fouquet une décennie plus tôt) vers 1460 où il se serait associé avec le Maître du Boccace de Genève, avant de revenir à Tours et poursuivre, entre autres, une production de livres d'heures «style Fouquet» dans les années 1470-1475 ?
TEXTE ff. 1-12v, Calendrier, en latin, à l'encre rouge, brune et or, avec les saints suivants à signaler, dont plusieurs honorés à Tours et dans l'ouest de la France (Angers, Le Mans, Bretagne): Rigobert (7 janv., en rouge); Hilaire (11 janv., en rouge); Octave de l'épiphanie de Hilaire (13 janv., en rouge); Julien, évêque du Mans (27 janv., en or); Baltide, reine (30 janv., en rouge «Baltidis regine»); Translation de saint Lidoire (évêque de Tours) (4 février, encre brune); Lubin, évêque de Chartres (14 mars, encre brune); sainte Irène (en rouge, deux fois 5 avril et 9 avril); Perpet, évêque de Tours (8 avril, encre brune); Alphège, évêque (19 avril, en rouge); Translation de saint Gatien (2 mai, en rouge); Octave saint Gatien (9 mai, en rouge); Exceptio reliquiarum sancti Maurii (12 mai, encre brune); Karadoc (Caradec), abbé breton (16 mai, en rouge); Austregesil, évêque (20 mai, en rouge); Ildevert, évêque de Meaux (27 mai, en rouge); Liphard d'Orléans, prêtre (3 juin, en rouge); Translation de saint Tugdwald (ou Tugdual) (4 juin, encre brune); Arnulphe, évêque de Tours (18 juillet, encre brune); Oswald, roi et martyr (5 août, encre brune); Radegonde, vierge (13 août, en rouge); Lidoire, évêque de Tours (13 sept., en rouge); Maurice (22 sept., en rouge); Sénateur, évêque (26 sept., en rouge); Octave saint Maurice (28 sept., en rouge); Candide, martyr (2 fois, 3 oct., en rouge et 10 oct., en rouge); Révélation saint Gatien (18 oct., en rouge); Martin, abbé (23 oct., encre brune); Révélation saint Yves (29 oct., en rouge); Balde, archevêque de Tours (7 nov., en rouge); Transitus sancti Martini (11 nov., en or); Brice, archevêque de Tours (13 nov., en rouge); Octave saint Martin (18 nov., en rouge); Reversio beati Martini (13 déc., en rouge); Gatien, évêque de Tours (18 déc., en or);
On notera l'inclusion au Calendrier de saints angevins (Maurille ou Maurice; Candide, compagnon de Maurice) et des saints manceaux également (Julien, en or, 27 janvier; la cathédrale du Mans est dédiée à saint Julien) et Samson (28 juillet)).
ff. 13-88, Heures de la Vierge (usage de Tours), avec incorporées les Heures de la Croix et du Saint-Esprit, avec matines (ff. 13-29); laudes (ff. 29v-46v); prime (ff. 47-55v), avec antienne, «O admirabile» et capitule, «Virgo verbo»; tierce (ff. 56-61v); sexte (ff. 62-67); none (ff. 67v-72v), avec antienne, «Germinavit radix» et capitule, «Te laudent angeli»; manque le début de vêpres (ff. 73-81); complies (ff. 82-88), avec antienne «Cum iocunditate» et capitule, «Sicut cynamonium»;
A noter qu'une rubrique indique «Ad matutinas de cruce» (fol. 45v), avec un feuillet placé à laudes des Heures de la Vierge: il peut s'agir d'une erreur de copiste. Le feuillet qui suit est manquant (fin des Heures de la Croix à laudes). ff. 88v-91v, Oraison à la Vierge en vers et en français, rubrique, Oraison de nostre dame en franzois tresdevote et bien composée; ff. 92-97, Obsecro te, désinence masculine «.... et michi famulo...» (fol. 95); ff. 97-108v, Oraison à la Vierge en vers et en français, rubrique, Sensuist une oroison de nostre dame en franczois et en rime; incipit, «Glorieuse vierge roigne/En qui par la vertu divine...»; explicit, «Parchemin, aincre ne cire / Ne pourroient durer ne suffire / Pour quoy l'en vousist ta bonté / Ton sens et ta louange dire / Et sceussent tous ceux escripre / Qui furent seront et sont nez».
ff. 109-110v, Prières, Ave Regina celorum...; Sancta Maria mater domini...; ff. 111-111v, Feuillet blanc réglé; ff. 112-141v, Psaumes de la pénitence, suivis de litanies (dont Maurice, Leodegar (de Poitiers), Hilaire, Martin, Gatien, Leonard, Maur) et prières (ff. 130v-141v); manque la fin (réclame au bas du fol. 141v).
Absence de l'Office des morts.

ILLUSTRATION f. 13, Annonciation (Heures de la Vierge, matines) [par un artiste du cercle de Jean Fouquet: Maître du Boccace de Münich]; f. 29v, Visitation, rencontre de Marie et Elisabeth; les deux femmes sont flanquées de Joseph (pour Marie) et d'un personnage féminin (suivante d'Elisabeth (?)) (Heures de la Vierge, laudes) [par le Maître du Boccace de Genève]; f. 47, Nativité (Heures de la Vierge, matines) [par un artiste du cercle de Jean Fouquet: Maître du Boccace de Münich]; f. 52, Annonce aux bergers (Heures de la Vierge, tierce) [par le Maître du Boccace de Genève]; f. 62, Adoration des mages (Heures de la Vierge, sexte) (repeints) [main difficilement identifiable, sans doute à l'origine le Maître du Boccace de Genève]; f. 67v, Présentation au temple (Heures de la Vierge, none) [par le Maître du Boccace de Genève]?;
Manque la miniature pour les Heures de la Vierge, vêpres, qui aurait été placée entre les ff. 72-73.
f. 82, Couronnement de la Vierge (Heures de la Vierge, complies) [par le Maître du Boccace de Genève]; f. 112, David en prière; en arrière-plan, scène de David et Goliath en camaïeu d'or [par le Maître du Boccace de Genève].
Manque la fin du manuscrit, sans doute avec l'Office des morts et peut-être des suffrages.
COMPOSITION ET DÉCORATION 141 ff., précédés de 3 feuillets de parchemin et d'un feuillet de papier, suivis d'un feuillet de papier et de 4 feuillets de parchemin, manquent 3 ff. et incomplet de la fin [notamment la fin des prières qui suivent les litanies, lacunaire de l'Office des morts] (collation: i6, ii6, iii6, iv8, v8, vi8, vii6 (8-2, manquent iv et v [entre les ff. 45-46]), viii8, ix8, x8, xi7 (8-1, manque i [entre ff. 72 et 73]), xii8, xiii8, xiv8, xv8, xvi6, xvii8, xviii8, xix8), écriture gothique à l'encre brune (2 modules), parchemin réglé à l'encre rouge pâle (justification:
57 x 80 mm), réclames, rubriques en rouge, quelques capitales rehaussées de jaune, bout-de-lignes décorés en rouge et bleu avec rehauts blancs et or bruni, parfois petites fleurs isolées en bout-de-ligne, petites initiales à l'or bruni ou peintes en bleu avec décor filigrané à l'encre noire ou rouge, initiales de 2 à 3 lignes de hauteur en bleu ou rose avec rehauts blancs et au centre un décor de feuilles de vigne de couleur, calendrier avec initiales KL ornées et bordures enluminées au premier feuillet du mois (marge extérieure), avec 8 grandes miniatures (il manque la miniature pour vêpres des Heures de la Vierge; il manque l'Office des morts qui était sans doute illustré d'une miniature), les grandes miniatures sont inscrites dans des encadrements de type angevin sur fonds réservés avec fleurs, fruits, feuilles d'acanthe, feuillages et besants d'or, baguettes enluminées encadrant les miniatures (à l'exception de l'Annonciation), bordures enluminées dans la marge extérieure généralement une page sur deux.
Repeints à l'Adoration des mages (fol. 62), sinon bel état des miniatures; quelques déchirures au parchemin (3 premiers ff.), quelques taches ou mouillures (f. 34v; 53v, 54v, 58v, 62).
PROVENANCE 1) Manuscrit fort certainement copié et enluminé à Tours, ce que confirme à la fois l'usage liturgique (usage de Tours, voir texte infra); le calendrier (voir le relevé des saints ci-dessous: les saints tourangeaux sont bien représentés, en particulier les quatre évêques de Tours que sont Gatien, Lidoire, Martin et Brice) et l'examen stylistique des miniatures par deux peintres dont l'un est actif à Tours et l'autre à Angers mais qui a pu travailler pour un mécène tourangeau. On soulignera également un certain nombre de saints d'outre-Manche qui figurent au Calendrier dont Oswald (5 août), Cuthbert (20 mars), Patrice (3 avril), Edmond (16 nov.), Thomas, évêque de Cantorbéry (29 déc.).
2) Collection Visconti. Au crayon, les mentions: «Le cachet ci contre est celui d'un cardinal de la maison Visconti de Milan»; «Ce missel a appartenu à un cardinal de la maison des Visconti ainsi que le témoignent les 2 cachets qui commencent et finissent le missel». L'estampille nous paraît du XVIIIe siècle: il peut s'agir peut-être d'Antonio Eugenio Visconti, cardinal (1713-1788). 3) France, collection particulière.
BIBLIOGRAPHIE Avril F. et Reynaud, N. Les manuscrits à peintures en France, 1440-1520, Paris, 1993. - Avril, F. Jean Fouquet, Peintre et enlumineur du XVe siècle. Exposition Bibliothèque nationale, Paris, Bibliothèque nationale de France, Hazan, 2003; voir en particulier, «Jean Fouquet et ses fils», pp. 18-28. - Durrieu, Paul. «La question des œuvres de jeunesse de Jean Fouquet», in Recueil de mémoires publiés par la Société nationale des antiquaires de France à l'occasion de son centenaire, Paris, 1904, pp. 111-119. - Durrieu, Paul. «Un livre d'heures peint par Jean Fouquet pour Philippe de Commynes», in Comptes-rendus de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, 1906, p. 257. - Durrieu, P. Les «Antiquités judaïques» et le peintre Jean Fouquet, Paris, Plon-Nourrit, 1908. - Durrieu, P. Le Boccace de Münich, Munich, J. Rosenthal, 1909. - Chancel-Bardelot, B. dir. et alia. Tours 1500. Capitale des arts, Musée des Beaux-Arts, Tours, 2012. - Gautier, Marc-Édouard et François Avril, eds., Splendeur de l'enluminure: Le roi René et les livres, Angers, 2009 [en particulier les contributions de E. König]. - König, E. Französische Buchmalerei um 1450. Der Jouvenel-Maler, der Maler des Genfer Boccaccio und die Anfänge Jean Fouquets, Berlin 1982.
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