FOUCAULD (Charles de)

Lot 81
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FOUCAULD (Charles de)

officier de l'armée française devenu explorateur et géographe, puis religieux catholique, ermite et linguiste. Il a été béatifié le 13 novembre 2005 par le pape Benoît XVI. Il est célébré le 1er décembre. (1858 assassiné au Sahara en 1916).
Lettre autographe signée à Félix Dubois, journaliste et explorateur (1862-1945),Tamanrasset 17 janvier 1912, 24 pages petit in-4, en-tête manuscrite à sa devise «Jesus Caritas» avec un petit coeur surmonté d'une croix.
Très intéressante lettre dans laquelle Charles de Foucauld répond aux questions de son correspondant sur la vie des touaregs de l'Ahaggar:
Il distingue les nobles des plébéiens: 1°- les nobles se lèvent avec le soleil, regardent les chameaux partir au pâturage avec l'esclave puis flânent dans les tentes voisines, ils font la sieste et flânent de nouveau, les jeunes et les femmes se réunissent le soir et jouent et dansent, les 3 repas sont frugales lait frais et quelquefois viande cuite sous les cendres, le soir on joint une bouillie de farine ou de riz. Un noble ou sa femme accompagne les corvées faites par les esclaves, les jeunes chassent et font des visites aux jeunes filles «c'est à peu près toute la vie- bien désoeuvrée- des nobles. Les plébéiens: les jeunes partagent la vie des femmes, puis a 13 ans celle des hommes, ils ne se séparent jamais de leurs chèvres, dont le lait est la principale nourriture; ils se divisent en petits groupes pour éviter que les troupeaux se mélangent: les hommes partent la moitié de l'année en caravanes lointaines et partagent la vie de leurs serviteurs, le reste du temps ils sont chargés de l'approvisionnement, les familles sont très unies. «Les plébéiens sont laborieux, économes très simples de vie et presque tous à leur aise... a 55 ans un homme est plus fatigué que chez nous...» 2°- Les femmes nobles mènent la même vie que les hommes mais restent près des tentes, elles cousent brodent, rangent la tente et s'occupent des enfants, leur coiffure prend plusieurs heures. Les plébéiennes se rendent dans des campements voisins, elles suppléent les hommes partis en caravane tout en assurant le ravitaillement, la garde des animaux, la cuisine, la confection des vêtements, et des ustensiles de ménage; elles assument ces tâches à tour de rôle «les plébéiens sont grands amateurs d'égalité».
3°- Les captifs gardent les troupeaux mais dorment sous les tentes chez les nobles, dehors chez les plébéiens, ils sont très bien traités et ne manquent de rien, à 60 ans on les affranchit, ils se louent dans les villages, certains restent chez leur maitre, les femmes esclaves gardent les chèvres et dorment dans la tente; leurs enfants appartiennent au maitre de la femme esclave, l'infanticide est sévèrement interdit, elles sont traitées avec une grande douceur. Foucauld note que depuis l'occupation française le commerce des «captifs» ne se fait plus. Avant l'occupation les nobles étaient très riches grâce à leurs pillages continuels, l'armée y a mis fin, ils ont dû, par manque de moyens, affranchir leurs esclaves qui se sont établis comme cultivateurs.; Leur récolte est achetée par l'armée, cela fait passer un certain nombre d'esclaves de la vie de nomade à la vie sédentaire. Les nobles ont un chef «l'amenoukal», chaque tribu plébéienne en a un également, ils mènent le même mode de vie qu'eux. Puis sur le situation «Les évènements se sont pressés depuis nos dernière lettres: Maroc, Tripolitaine...Espérons que la France se montrera civilisatrice: si elle l'est, son empire barbaresque sera dans 50 ans un prolongement de la France peuplé de berbères devenus français; si elle ne sait pas l'être, la 1° difficulté européenne lui fera probablement perdre Algérie,Tunisie et Maroc; n'ayant pas su se les unir, elle les aura unis contre elle...». En post scriptum il ajoute: «les textes en prose et en vers recueillis par ce bon Motylinski vous fourniront beaucoup de renseignements; il y a longtemps qu'ils sont traduits, mais la mise au point de l'orthographe du texte touareg a produit de longs retards...».
Motylinski, orientaliste français (1854-1907) rencontra Foucauld en 1905 et l'aida à traduire la langue touareg. C'est sous son nom que Foucauld publiera toutes ses œuvres, notamment le dictionnaire touareg français à titre posthume.
Joint Fragment de lettre d'Alger 7 janvier I9I7, 2 pages in-8 relatant l'assassinat du père de Foucauld par des touaregs Aajar qui le tuèrent à bout portant.
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