LA JONCHÈRE (Étienne Lescuyer de)

Lot 39
10 000 - 15 000 €
Result : 13 335 €

LA JONCHÈRE (Étienne Lescuyer de)

Systême d'un nouveau gouvernement en France. Amsterdam, François Le Bon, 1720. 4 tomes en 2 volumes in-12, maroquin rouge, large roulette dorée encadrant les plats, armoiries au centre, dos orné avec deux pièces d'armes répétées (tour et tête de Maure), roulette intérieure, tranches dorées sur marbrure (Reliure de l'époque).
Édition originale, très rare. Elle manque à Goldsmith qui cite d'autres livres de l'auteur.
4 tableaux dépliants: Déclaration de la récolte de l'année, Modèle pour le dénombrement des jeunes hommes & garçons [...], Modèle du certificat de la situation de chaque paroisse, et Modèle pour former les seconds & troisième Escadrons & Bataillons.
L'un des traités d'économie politique les plus originaux du XVIIIe siècle, par un contemporain de Law.
La Jonchère (1690-1740 ?), ingénieur auvergnat à qui l'on doit le projet d'un canal en Bourgogne reliant la Saône à l'Yonne (vers 1718), décrit ici un nouveau système de gouvernement, basé sur la raison & la justice. Il y propose la création d'une compagnie par actions qui serait chargée des dépenses annuelles de l'État, du remboursement des dettes du roi et du clergé, et de la direction des finances, du commerce et de la police du royaume.
Selon l'auteur, il faudra abandonner à la Compagnie tous les droits du Roy qui seront réduits dans un seul (p. 63), et que, moyennant ce droit celle-ci entretiendra et paiera les troupes, [fera] les dépenses du royaume, [fournira] au roi tout l'argent dont il aura besoin [...]. De même, le roi devra s'attacher à combler de gloire, d'honneur, & de biens cette Compagnie, parce que plus elle sera puissante & honorée, & plus le Roy sera respecté, craint, & aimé, puisqu'elle deviendra le plus grand appuy de l'Etat (p. 64).
Le projet prévoit aussi la suppression des privilèges, la réduction des impôts en un impôt unique prélevé par la Compagnie, et la prise en charge de tous les pauvres.
Enfin, si son plan est adopté, La Jonchère annonce que Paris deviendra la capitale de l'univers, le centre du Commerce de toutes les Parties du Monde (p. 85).
Les idées de La Jonchère firent l'objet de vives contestations.
Voltaire, qui ridiculisa l'auteur dans L'Évangile du jour (t. IX, 1773, p. 16, note 6), Le petit la Jonchere, qui a donné tant d'argent au roi en quatre volumes, demandait l'aumône, le classa parmi les gens qui enseignent l'art de s'enrichir par le commerce après avoir fait banqueroute, & ceux qui font le tour du monde sans sortir de leur cabinet, & ceux qui n'ayant jamais possédé une charrue, remplissent nos greniers de froment.
Condorcet, quant à lui, se montra plus véhément encore: Ce systême a pour objet de mettre le roi en curatelle et les peuples dans les fers; on n'y voit que faux principes d'administration, fausses conséquences dans l'application de ces principes; et d'autant que j'en peux juger, mauvais raisonnement du commencement jusqu'à la fin. [...] Il y a dans une pareille proposition une ignorance de ce qui se passe parmi les commerçans et les gens d'affaires qui rend le systême de M. de la Jonchere si absurde, que ce seroit prendre une peine superflue que de la vouloir exposer en détail et le réfuter sérieusement.
Très bel exemplaire en maroquin aux armes et pièces d'armes du duc d'Antin.
Louis-Antoine de Pardaillan de Gondrin (1665-1736), marquis puis premier duc d'Antin, était le fils unique du marquis de Montespan et de la célèbre Françoise-Athenaïs de Rochechouart. Après une carrière militaire, il devint gouverneur de l'Orléanais en 1707 et en 1708 directeur général des bâtiments, jardins, arts et manufactures du roi; en cette qualité il supervisa les travaux de Versailles. En 1711, son marquisat fut érigé en duché-pairie. Après la mort de Louis XIV, le duc d'Antin devint membre du Conseil de la Régence et, en 1725, il fut l'un des deux ambassadeurs qui allèrent demander au roi Stanislas la main de sa fille pour Louis XV. Fait ministre d'État en 1733, le duc d'Antin fut nommé gouverneur de la ville et château d'Amboise.
L'exemplaire comporte quelques corrections à la plume de l'époque.
Les titres des tomes II et IV n'ont pas été conservés, quelques feuillets roussis. Mors et coiffes discrètement restaurés.
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