CALVIN (Jean)

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CALVIN (Jean)

Defensio orthodoxae fidei de sacra Trinitate, cōtra prodigiosos errores Michaelis Serveti Hispani. S.l. [Genève], Robert Estienne, 1554. In-8, veau blond, triple filet doré, dos orné, pièce de titre rouge, roulette intérieure, tranches dorées (Reliure du XVIIIe siècle).
Gilmont, Bibliotheca calviniana, n°54/6. - Renouard, Estienne, p. 84.
Édition originale de cet écrit sulfureux de Calvin, l'un des plus importants de l'auteur. L'un des traités les plus effrayants qui aient été écrits pour justifier la persécution des hérétiques (J. Leclerc, in Histoire de la tolérance au siècle de la Réforme).
Calvin publia ce livre quelques mois après le célèbre procès de Michel Servet, jugé hérétique et condamné le 26 octobre 1553 par le Conseil de la république de Genève, puis brûlé vif le lendemain à Champel, aux portes de la ville. Né vers 1509-1511, ce médecin espagnol, auteur de travaux pionniers sur la circulation sanguine, s'était attiré les foudres des autorités catholiques et protestantes avec ses deux ouvrages critiques sur la religion chrétienne, le De trinitatis erroribus (1531), remettant en cause le dogme traditionnel de la Trinité, et le Christianismi restitutio (1553), dans lequel il commentait les erreurs de l'Église et les prétendues réformes. Après l'exécution de Servet, Calvin, très critiqué pour son intolérance et les méthodes employées dans le jugement de l'antitrinitaire, tenta de «justifier» sa conduite durant cette affaire.
Approuvé par les ministres et pasteurs de Genève, dont une liste de noms figure à la fin de l'ouvrage, le Defensio orthodoxae fidei de trinitate parut au début de l'année 1554 et fut traduit en français la même année sous le titre: Declaration pour maintenir la vraye foy que tiennent tous Chrestiens de la Trinité des persōnes en un seul Dieu [...]. Calvin y réfute non seulement les propos blasphématoires de Servet mais «justifie» aussi le droit de condamner à mort les hérétiques. Ce devoir va si loin, écrit Calvin, que l'on ne doit épargner ni parentage, ni sang, ni rien qui soit; Dieu exige même que l'on mette en oubli toute humanité, quand il est question de combattre pour sa gloire.
La marque typographique de Robert I Estienne, exilé à Genève depuis 1550 à cause de son adhésion à la Réforme, figure sur le titre (cf. Renouard, n°295).
Séduisant exemplaire relié en veau blond au XVIIIe siecle, avec de belles provenances bibliographiques.
Cité par Brunet (t. I, col. 1505), il a fait partie des bibliothèques de Girardot de Préfond, Charles Giraud (1855, n°290), Joachim Gomez de la Cortina-Morante (ex-libris; I, 1872, n°2009), Eugène Paillet (signature autographe), et Jean Blondelet (paraphe sur la dernière garde).
Ex-libris manuscrit du collège des jésuites de Paris sur le titre. Quelques annotations et soulignés à la plume de l'époque dans la première partie du volume.
Charnière supérieure fragilisée.
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