LEIBNIZ (Gottfried Wilhelm)

Lot 33
80 000 - 100 000 €
Résultat: 127 000 €

LEIBNIZ (Gottfried Wilhelm)

philosophe et scientifique allemand (1646-1716) qui a écrit en latin, allemand et français, il rencontra tous les grands savants de son temps: Huygens, Newton, Spinoza. Manuscrit autographe, sans lieu ni date, 3 pages et demie in-4, quelques ratures et corrections, certaines phrases sont soulignées une fois, d'autres deux fois. Les autographes de Leibniz sont très rares.
Il s'agit du projet de contrat entièrement rédigé par Leibniz pour la fabrication de sa machine à calculer. Ce contrat est passé entre son représentant M. Hansen, gentilhomme allemand et l'horloger parisien M. Olivier, chargé de construire cette machine. Ce contrat très précis comprend 20 paragraphes qui décrivent les pièces de la machine,
Lors d'un voyage à Paris en 1672, Leibniz découvre la machine à calculer de Pascal: La Pascaline. Il conçoit alors sa machine pouvant réaliser les opérations à 3 chiffres (au lieu de 2 chez Pascal) et la présente en 1673 à l'âge de 27 ans. Deux machines seulement ont été construites à l'époque de Leibniz, l'une entre 1686 et 1694, l'autre entre 1690 et 1720. Cette dernière a survécu et se trouve à la Niedersächsische Landesbibliothek à Hanovre. La machine de Leibniz, et en particulier le mécanisme du cylindre, est la source principale d'inspiration pour les calculatrices numériques ultérieures.
«....le dit sieur Leibniz m'ayant informé partie par écrit et partie de vive voix et par quelques modelles, d'une machine Arithmetica de son invention; en sorte que je n'y ai plus trouvé aucune difficulté, je me suis engagé à l'executer de la manière suivante.
(1) que la machine que je dois faire sera pour faire paroistre jusqu'à des nombres de trois chiffres, par exemple 999... et ceux qui sont audessous de celuy la... (3) L'effect sera double, scavoir en premier lieu la multiplication et division; et en deuxième lieu, l'addition et soustraction (4) a l'égard de la multiplication et de la division la machine doit avoir deux pieces aussi longue qu'elle, dont l'une est mobile et sert de base à tout, l'autre est mobile, et glisse dans la première, à fin d'aller de chiffre en chiffre lorsqu'on change les multiplicateurs ou les quotiens de la division (5) la partie immobile porte les roues ou rouleaux sur lesquels les nombres ou chiffres du produit de l'addition soustraction et multiplication seront gravés: et la roue à dens ordinaires qui doit etre menée par la roue à dens inégales, et enfin les pièces qui servent aux transports pour faire en sorte qu'une des roues des chiffres du produit ayant fait un tour en avant ou en arrière, il s'adjoute ou oste une unité a la roue des chiffres qui suit à la gauche. Et il faut que ce transport se fasse tout aussitost et non pas comme dans la machine du temps passé apres un delay ou intervalle. Enfin cette partie immobile portera une grande roue ou d'autres chiffres (qui représentent le multiplicateur et le quotient de la division) seront gravés: appellée contre-tour, parce qu'elle conte les tours des roues à dens inégales.
(6) La pièce mobile portera ce qui sert pour le nombre qui doit estre multiplié et pour le nombre qui doit estre divisé: au lieu que la précedente servoit pour le produit, pour le multipliant, et pour le quotient. Celle cy portera donc les roues à dens inégales, et ce qui sert à les ajuster, et à les mettre sur un nombre donné afin que tantost 9 tantost 8, tantost 7, dens inégales rencontrent la roue de la partie immobile qui y répond. Les chiffres de ces nombres y seront aussi gravés, afin d'arrester la roue à dens inégales sur le chiffre demandé, et cette manière d'arrester se doit faire plus commodement qu'auparavant, c'est à diire en sorte qu'on n'ait besoin de rien lever, et qu'il ne faille que tourner, et que tout s'arreste la ou il faut, lorsqu'on le veut (7) pour ce qui est de l'addition ou soustraction la pièce immobile susdite y servira en effect, mais outre les parties nommées cy dessus elle portera encor de certaines touches ou marches; dont il y en aura 9 pour l'addition, à chaque chiffre; en sorte qu'il ne faille que les toucher pour y adjouter un nombre donné: par exemple pour y adjouter 5, on touchera et pressera un peu la touche marquée de 5. Il faudra que la même voye serve aussi pour la soustraction (8) Tout cela sera fini, bien fait, net, poli, bien limé, bien gravé, petit autant que de raison. De loton (laiton ?) excepté quelques pièces ou il sera à propos d'employer le fer ou acier. Toute la machine enfermée dans une petite boette propre, afin qu'il ne paraisse que ce qu'il faut pour l'opération...».
L'engagement pris de réaliser cette machine en un mois ou deux moyennant la somme de cent écus blancs ou trois cents francs, n'a pas pu être tenu. Dans ce nouveau contrat M. Olivier s'engage à travailler «dès à cette heure, sans relache, autant qu'il me sera possible, et si je manque de l'achever dans trois mois depuis la date de cecy (à moins que Dieu ou quelque autre force supérieure ne m'en empêche) outre l'infamie d'un tel manquement je donne pouvoir à Mons. Leibniz ou à M. Hansen de sa part, ou à quelqu' autre ayant pouvoir de l'un d'eux, de faire saisir et vendre mes biens, (dont je luy donne l'hypotheque en vertu de cecy) et de me faire emprisonner... sans aucune forme de procés... (20) Cependant je m'oblige de monstrer toutes les semaines à Mons. Hansen ou quelqu'autre qu'il voudra quelque chose de considérable que j'auray avancé. Avec un billet que je porterai toutes les semaines pour M. Leibniz, marquant ce qui aura esté fait et ce qui sera à faire dans la semaine suivante.».
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