FRANÇOIS POMPON (1855-1933)

Lot 31
60 000 - 80 000 €
Résultat: 160 000 €

FRANÇOIS POMPON (1855-1933)

Ours blanc, 1927 Rare épreuve en bronze à patine noire mate, signée sous la patte postérieure gauche. Fonte à la cire perdue de Valsuani, porte le cachet «CIRE/C. VALSUANI/PERDUE». H. 24 - L. 45 - P. 10,5 cm. Bibliographie: François Pompon 1855-1933, Catherine Chevillot, Liliane Colas, Anne Pingeot, 1995, Gallimard/Electa, p. 212, repr. OEuvre en rapport: un exemplaire similaire est conservé au musée des Beaux-Arts de Dijon sous le numéro d'inventaire 3453. Modèle pour le moins célèbre, l'Ours blanc de Pompon est une oeuvre emblématique de l'art animalier du début du XXe siècle. Elle cristallise à elle seule tous les enjeux de ce genre à part entière, en perpétuel renouvellement, mais longtemps considéré comme mineur. «Cinquante ans, c'est généralement le temps du purgatoire que subissent les artistes après leur mort.»1 Cependant, en 1986, le musée d'Orsay ouvrit sans l'Ours blanc, resté dans les réserves; il fallut attendre la parution du catalogue raisonné en 1994 pour qu'une exposition rétrospective de l'oeuvre de Pompon soit organisée par les musées d'Orsay, de Dijon, de Rodez et de Roubaix. Alors qu'il est le praticien le plus recherché de Paris à la fin du XIXe siècle, taillant le marbre pour Rodin et Camille Claudel, Pompon s'émancipe en 1905, abandonnant la figure humaine pour se consacrer à l'art animalier. Il ne connait la reconnaissance du public et des critiques qu'à l'âge de soixante-sept ans, lorsqu'il présente son Ours blanc au Salon d'Automne de 1922, passant ainsi «du XIXe au XXe siècle, de l'obscurité à la gloire.»2 Son oeuvre tranche par son modernisme, sur la sculpture réaliste et parfois belliqueuse héritée du XIXe siècle. C'est pourtant dès 1905 que Pompon commença à modeler des animaux, éliminant les indications réalistes de pelage et de plumage au profit de la forme globale. En 1888, dans sa ville natale de Saulieu, il aurait eu la révélation de la simplification de la forme en apercevant une oie marchant à contre-jour. Figurant ses animaux avec une économie de moyens et une très grande sobriété des formes, Pompon s'en est ainsi expliqué: «Je conserve un grand nombre de détails destinés à disparaître. Je fais l'animal avec presque tous ses falbalas. Autrement je me perds. Et puis, petit à petit, j'élimine de façon à ne plus conserver que ce qui est indispensable.» Le sculpteur synthétise l'allure de l'animal afin de mieux en rendre l'essence. Son rendu du mouvement, acquis chez Rodin, consiste à réunir plusieurs gestes en un pour en concentrer l'expression. Anne Pingeot fait un parallèle entre L'Homme qui marche de Rodin et l'Ours blanc, qui avance, immobile, «cerné par une ligne sans bout.»3 À l'aube du XXe siècle, Pompon a su trouver une alternative à la déconstruction cubiste, «la sculpture sans trou ni ombre», comme il aimait à le dire, construisant une oeuvre aux formes pleines, aux contours arrondis, refusant la géométrie et privilégiant les matériaux traditionnels. 1 François Pompon 1855-1933, Catherine Chevillot, Liliane Colas, Anne Pingeot, 1995, Gallimard/Electa 2 Ibidem 3 Ibidem
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